Brexit : le Royaume-Uni se déchire, l’Union Européenne aussi

Brexit Chequers meeting
La garde rapprochée de Theresa May s'est retrouvée à Chequers pour une réunion exceptionnelle.

Mercredi 21 Février, la Commission européenne a diffusé un document de 58 pages aux Etats membres de l’Union Européenne, indiquant clairement que la Royaume-Uni ne pouvait en aucun cas soutenir l’adhésion au marché unique seulement dans certains secteurs. En effet, d’après les informations du journal Financial Times, le document stipulait clairement que “préserver l’intégrité du marché unique exclut la participation secteur par secteur”.

De son côté, le Secrétaire d’Etat britannique chargé du Brexit, David Davis, s’était montré optimiste. Pour lui, le “cabinet de guerre” de la Première ministre, constitué des principaux ministres et conseillers, convergerait vers une approche basée sur ce qu’il a nommé, un accord type “Canada +++”. Ce type d’accord commercial représenterait alors une version plus ambitieuse que celui conclu entre l’Union Européenne et le Canada.

Les négociations internes reprennent

Les membres du gouvernement conservateur se sont par ailleurs réunis, jeudi 22 février au Chequers, maison de campagne officielle de la Première ministre, Theresa May, dans le cadre d’un sommet concernant l’avenir du Royaume-Uni après le Brexit.

D’après les informations du Telegraph, les ministres se seraient entendus tant bien que mal sur un avenir post-sortie européenne. Alors que la Secrétaire d’Etat, Amber Rudd, a déclaré que la réunion fut positive et que les ministres étaient tous “derrière le Première ministre”, ses collègues pro-Brexit ont de leur côté affirmé que “les divergences l’avaient emporté”. Le constat est donc sans appel : les conservateurs ont bien du mal à se mettre d’accord entre eux.

Theresa May de nouveau dans la tourmente

Du côté de l’opposition, Jeremy Corbyn, chef du parti travailliste (Labour), pourrait exprimer, à l’occasion d’un discours clé sur le Brexit attendu lundi 26 février, son soutien à un amendement conservateur, lancé par des frondeurs. En effet, cette modification de texte aurait pour but de maintenir le Royaume-Uni au sein de l’union douanière européenne.

D’après les informations du Guardian, alors que le Labour déclarait depuis plusieurs mois que l’adhésion à l’union douanière représentait un résultat “viable” pour le pays, une récente série d’interventions de membres du “cabinet de guerre” a suggéré qu’il représentait désormais le meilleur résultat.

Le discours de Corbyn interviendra alors que Theresa May se prépare à demander à ce fameux cabinet de signer le résultat de la réunion au Chequers, concernant la stratégie finale du gouvernement sur la question du Brexit.

Désaccord aussi côté européen

Du côté de l’Union Européenne, les Etats membres restants se sont réunis vendredi 23 février à Bruxelles dans le cadre d’un sommet exceptionnel. Cette réunion a ainsi donné lieu à des discussions tendues concernant le budget de l’UE. Ce dernier risquerait de faire face à un déficit de 15 milliards d’euros par an après le départ du Royaume-Uni. En effet, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, aurait émis le souhait que les membres augmentent leur participation, de 0.1 point, soit de 1,1% et 1,2% pour le budget 2014-2020, représentant déjà plusieurs milliards d’euros.

D’après les informations Telegraph, le Danemark, l’Autriche, les Pays-Bas ainsi que la Suède se sont formellement opposés à verser plus d’argent, tout en justifiant qu’une Union Européenne plus petite devrait se traduire par un budget plus restreint. La Chancelière allemande, Angela Merkel, a exigé que l’argent ne soit alloué qu’aux pays acceptant leur part de migrants, dans le cadre du quota controversé concernant la réinstallation des réfugiés.