Brexit : les services financiers, la frontière irlandaise et le devenir de Calais au centre des tensions

Tusk Brexit
Donald Tusk, président du Conseil européen.

Alors que le Chancelier britannique, Philip Hammond, a déclaré, mercredi 7 mars, que “l’approche d’inclure les services financiers dans un accord de libre-échange était tout à fait réalisable”, l’Union Européenne a coupé court à ces propos dès le lendemain.

D’après les informations du journal The Independent, l’UE a en effet rejeté la proposition d’inclure une section sans précédent sur les services financiers dans l’accord commercial post-Brexit. Tout en rappelant que le départ imminent du Royaume-Uni du marché unique, de l’union douanière et de la juridiction de la Cour européenne rendait cette idée difficile, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a également averti le pays que “la vie serait différente” pour les établissements financiers après la sortie.

De plus, l’Union a déclaré que l’actuel droit des institutions financières britanniques, qui leur permet de faire des affaires sur le continent européen sans créer de filiale grâce au moyen de “passeports financiers européens”, prendrait fin après le Brexit.

“L’Irlande d’abord !”

A l’occasion de sa visite jeudi 8 mars à Dublin et de son entretien avec le Premier Ministre irlandais Leo Varadkar, Donald Tusk a appelé le Royaume-Uni à fournir des plans “spécifiques et réalistes”, afin d’éviter une frontière “dure” entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Selon les informations du Financial Times, le président du Conseil européen a employé un language assez sévère à l’égard de la Grande-Bretagne, stipulant notamment que “si à Londres quelqu’un suppose que les négociations traiteront d’autres questions avant de passer aux questions irlandaises, ma réponse sera : “L’Irlande d’abord””.

Pour rappel, la Première Ministre britannique Theresa May avait récemment déclaré que le Royaume-Uni rejetait la proposition d’une frontière douanière et réglementaire au large de la mer d’Irlande. Alors que le Royaume-Uni cherche à établir un accord de transition d’ici la fin du mois de mars, il semble qu’aucune solution alternative claire n’ait été encore définie.

Inquiètudes autour de Calais

Selon The Guardian, le patron du port de Calais, Jean-Marc Puissesseau, a lancé un appel à Theresa May et Michel Barnier, chef négociateur pour l’Union Européenne, afin qu’ils mettent immédiatement en place des plans visant à éviter la congestion à Calais et à Douvres.

En effet, les responsables du port français s’inquiètent du risque d’embouteillages, qui pourraient atteindre jusqu’à 50 kilomètres dans toutes les directions. De plus, si l’accord sur le Brexit implique des contrôles douaniers et sanitaires obligatoires au terminal des ferries français, le Royaume-Uni pourrait subir de potentielles pénueries alimentaires.

Enfin, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a déclaré que si les responsables politiques de l’Union Européenne ainsi que du Royaume-Uni ne prenaient pas leur responsibilité, les problèmes à Calais pourraient s’avérer “dix fois plus graves que ceux à la frontière irlandaise”.