Les citoyens européens ne doivent “pas s’inquiéter de la démission du ministre du Brexit”

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David Davis vient de démissionner de son poste de ministre du Brexit. Il était en charge des négociations avec l'Union Européenne et Michel Barnier. Crédit : DR

David Davis, ministre britannique en charge des négociations du Brexit avec l’Union Européenne, a annoncé lundi 9 juillet au matin sa démission. Cette annonce est un coup terrible pour la Première ministre Theresa May, qui se retrouve alors dans une délicate position. Mais quid aussi de l’impact de cette décision sur le devenir des citoyens européens vivant au Royaume-Uni ?

Vendredi 6 juillet, la chef du gouvernement avait convoqué son cabinet et ses ministres à Checker (résidence de la Première ministre, NDLR) pour une réunion afin de se mettre d’accord sur le plan à proposer à Bruxelles sur les conditions du Brexit.

Si après la journée de travail, Theresa May avait annoncé que toute l’équipe s’était mise d’accord, David Davis inclus, la démission de ce dernier a provoqué une onde de choc. Le ministre démissionnaire a déclaré deux jours plus tard que le document laissait “le Royaume-Uni dans une position de négociation faible et que le “livre de règles commun” de mai sur les douanes de Bruxelles contrôle de larges pans de notre économie”. En somme, pour lui, les propositions ne sont pas assez dures et ne respectent donc pas la volonté du peuple britannique de quitter fermement l’Union Européenne.

Mais alors quel impact cette décision politique aura sur les négociations et notamment sur le devenir des droits des citoyens européens vivant au Royaume-Uni ? “La démission de David Davis est troublante, mais il n’y a pas lieu de paniquer ou de s’inquiéter”, rassure Nicolas Hatton, co-fondateur du mouvement The 3 Million, qui lutte pour protéger les droits des citoyens européens vivant au Royaume-Uni. “Jusqu’à présent, les deux parties se sont engagées dans une voie claire en ce qui concerne les droits des citoyens négociés dans l’accord de retrait de décembre 2017. Ces dernières semaines, nos efforts ont été concentrés sur la mise en œuvre de cet accord : la voie légale la plus forte possible et qui ne laisse personne derrière. C’est toujours notre objectif principal”, confie Nicolas Hatton.

Le Français rappelle que les citoyens européens ne perdront pas leurs droits avant la fin de mars 2019, date officielle du Brexit. “Cependant, il y a des inquiétudes au-delà (de cette date). La loi qui régissait les droits des ressortissants de l’UE a été transférée au droit britannique. Cela signifie que  tout peut être changé, amendé ou retiré par le gouvernement sans débat parlementaire”. 

C’est donc pour le moment l’incertitude, démission ou non. De plus, ajoute le co-fondateur de The 3 Million, “nous ne savons pas ce que la démission de David Davis signifie pour nos droits à long terme. Un Brexit sans accord est probable ou pas. Nous en saurons plus au cours des prochains jours. Nous allons parler avec nos contacts politiques à la fois aujourd’hui à Westminster et à Bruxelles et au cours des prochaines semaines, afin de discuter et d’établir la voie à suivre”.