Yoobic, l’entreprise française créée à Londres, rêve aujourd’hui d’Amérique

YOOBIC Haiat londres
Gilles, Avi et Fabrice Haiat, les fondateurs de Yoobic

Yoobic, créée à Londres en 2014, est une véritable success story. En quatre ans, l’entreprise française, fondée par les trois frères Haiat, est en pleine expansion. Rien que l’an dernier, sa croissance a été de 146%. Mieux, elle vient de lever 21 millions d’euros (25 millions de dollars) pour se développer sur le marché américain, après avoir conquis celui européen.

C’est quoi d’abord Yoobic ? “C’est une solution logicielle d’aide aux enseignes afin qu’elles puissent piloter en temps réel des opérations au sein de leurs différents points de vente (promotions, visual merchandising…) et ainsi simplifier la communication avec le siège social”, explique Fabrice Haiat. Avec ses deux autres frères – dont son jumeau -, le Français a monté cette entreprise à Londres il y a quatre ans. “Je suis un entrepreneur né, j’ai toujours aimé trouver des nouvelles idées et les tester”, lance-t-il. Il aime surtout travailler avec ses frères – Gilles et Avi – et tous les trois sortent de l’école Centrale de Paris. “On collabore ensemble depuis 20 ans maintenant. Moi, je suis sur la partie marketing communication et eux sur la partie technologies”.

Les Etats-Unis, leur nouveau challenge

Un trio complémentaire qui a réussi à créer une entreprise très prospère, elle compte déjà une centaine de salariés (de 17 nationalités différentes), un nombre qui a doublé sur les 12 derniers mois. “On espère atteindre les 200 d’ici la fin 2019”, confie Fabrice Haiat. Parmi leurs clients, des enseignes ou marques comme Casino, Lacoste, Etam, PSA (Peugeot-Citroën). La solution a déjà été déployée dans 44 pays et entre 2016 et 2917, la croissance a enregistré une hausse de 146%.

Déjà implanté à Londres donc, mais aussi à Paris et Tel Aviv, Yoobic a maintenant les yeux sur les Etats-Unis avec pour prochaine étape New York. L’entreprise vient en effet de lever 25 millions de dollars (soit 21 millions d’euros) pour se développer outre-Atlantique. Pour les accompagner, leur principal investisseur n’est autre qu’Insight Venture Partners, le plus gros fonds d’investissement dans le domaine du software dans le monde. Pour cette levée de fonds, Yoobic a pris son temps, comme l’explique Fabrice Haiat. “Il y a un an, quand on a décidé de se lancer aux Etats-Unis, on avait déjà une stratégie claire, on voulait un investisseur américain mais qui avait aussi une compétence sur le commerce. On en a vu 7-8, on a souhaité voir les meilleurs sur le marché. On les a rencontré à plusieurs reprises, on s’est fait une opinion sur leur niveau d’expertise, tout en étudiant comment ils pouvaient nous aider concrètement”.

Londres reste le principal port d’attache

Ces fonds, l’entreprise française en avait besoin car s’installer aux Etats-Unis coûte cher. “Et puis, on n’entre pas sur ce marché comme ça, il existe de grosses barrières, parmi elles les ressources financières. Mais si on veut être leader mondial, en tous les cas dans le domaine du software, on se doit d’être présent là-bas”. Le bureau devrait ouvrir en septembre prochain à New York et c’est Fabrice Haiat qui s’occupera d’installer la future équipe. “Je veux aussi comprendre les différences du marché. Pour moi, c’est très intéressant car c’est comme si je recommençais quelque chose”, commente-t-il.

Mais se verrait-il, avec ses frères, déménager leur siège social, pour l’heure installé du côté d’Hammersmith ? “Non”, répond sans hésiter Fabrice Haiat, “à aucun moment on y a pensé, on a envie de rester à Londres car le recrutement y est plus simple”. Et le Brexit alors, ça ne leur fait pas peur ? “Peut-être que ce sera un peu plus cher de rester, peut-être qu’il faudra des permis de travail. Mais l’important, c’est d’avoir à proximité des compétences, on se doit de rester là où les talents sont. Je pense sincèrement que les entreprises dans le domaine technologique ne devraient pas être inquiétées par le Brexit”.