Le Daily Mail compare la banlieue parisienne à une “poudrière”

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Le Daily Mail, tabloïd britannique et dont le siège social est situé à Kensington, a dû supprimer un article publié sur son site internet samedi 28 juillet dernier et comparant la ville de Saint-Denis, en région parisienne, à une “poudrière”. Le papier signé du journaliste Andrew Malone affirmait que “300 000 migrants illégaux vivaient au nord de Paris, où le trafic de drogue, la criminalité et la pauvreté augmentaient en raison de cette escalade de l’immigration”.

L’article a été retiré suite à des plaintes d’internautes, dont celle du militant français Marwan Muhammad, ancien directeur du Collectif contre l’islamophobie en France, qui a ainsi souligné qu’il serait “difficile pour 300 000 migrants clandestins d’y vivre, compte tenu que la population officielle est de 110 000”. Le Daily Mail a alors admis qu’il pourrait avoir confondu la population de Saint-Denis avec celle du département de Seine-Saint-Denis, où vivent 1,6 million de personnes.

Le quotidien britannique The Guardian pense que l’article du Daily Mail a été motivé par une récente publication de l’Assemblée nationale française, qui avait suscité des inquiétudes quant à l’impact de la migration en Seine-Saint-Denis. Selon le journal, le rapport avait conclu que “la seule chose dont nous sommes sûrs est que l’État ne sait pas combien d’immigrants illégaux il y a” dans la région, tout en notant que les estimations non officielles allaient de 150.000 à 400.000.

“Maintes et maintes fois dans la presse à sensation – pas seulement en France mais aussi à l’étranger – il y a cette idée que les banlieues françaises sont une zone de non-droit. La vérité est que nous n’avons aucune estimation fiable du nombre de migrants clandestins à Paris. Les problèmes sociaux, politiques et migratoires sont étroitement liés dans certaines banlieues. Ceci est complexe et nécessite du temps et des analyses. Les médias traditionnels n’ont pas la place pour les nuances”, a alors répondu lancé Marwan Muhammad.

Madjid Messaoudene, conseiller local du parti du Front de gauche, a lui avancé que l’article n’était voué qu’à “nous présenter comme des animaux non éduqués, comme si nous étions dans une jungle. Depuis 20 à 30 ans, nous avons toujours été une ville d’immigration. La différence est que nous ne sommes plus soutenus par les pouvoirs publics et la ville s’est retrouvée seule pour faire face aux difficultés. Les gens essaient de survivre, vivent dans la rue, vendent de la drogue, se prostituent parfois. Nous devrions cibler le problème et ne pas cibler la population en raison de son origine”.