Chloé Béasse, de Nuit Blanche à Paris à administratrice d’une école d’anglais à Londres

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“A chaque mois d’octobre, j’ai toujours un pincement au cœur en pensant à tous ceux avec qui j’ai travaillé. Mais je ne regrette rien”. Chloé Béasse a tout quitté il y a trois ans : son job de productrice d’événements telle que Nuit Blanche à Paris, sa famille, ses amis. Mais la Bretonne d’origine est une femme heureuse. Ancienne élève de la St John School of English à Bethnal Green, elle en est devenue aujourd’hui l’administratrice.

Son expérience dans l’organisation, Chloé Béasse la met en pratique tous les jours depuis presque deux ans maintenant. Au sein de l’école d’anglais St John School, elle gère les inscriptions, les plannings des professeurs, les activités pour les étudiants… Et elle aime ça. Pourtant il y a encore trois ans, elle était à Paris où elle s’occupait, pour le compte d’une des plus grosses agences d’art contemporain, de la production de nombreux événements dont Nuit Blanche.

L’organisation, c’est son dada

Ce rendez-vous annuel parisien, se déroulant le premier week-end d’octobre, permet de visiter toute la nuit des installations artistiques dans des lieux souvent habituellement fermés au public. Les missions de Chloé Béasse ? Rendre possible l’impossible. “Je me souviens d’une année où Stéphane Ricordel, un célèbre circacien et directeur du théâtre Silvia Monfort, a voulu mettre en place un énorme nuage au-dessus de l’ancienne voie ferrée qui ceinture Paris”, confie Chloé Béasse. Problème : comment installer une structure de 10 mètres de diamètre qui devait comprendre un filet de trampoline sur lequel se jetteraient et sauteraient des artistes pour y faire des acrobaties ? “Stéphane Ricordel voulait ainsi qu’à chaque saut des flocons de neige tombent sur le public”, ajoute la Française.

Conception, réalisation, installation et désinstallation, mesures de sécurité… Chloé Béasse devait penser au moindre détail. “Mais ce qui m’a plu, c’est le challenge et cet esprit de troupe”. Car la jeune femme est attirée par le monde du théâtre depuis son adolescence. La Quimpéroise s’était d’ailleurs lancée dans des études de recherches théâtrales à Rennes. “Au sein du campus, je suis même devenue la directrice de l’association de théâtre, j’étais très impliquée dans le festival étudiant K-barré, je gérais un budget de 15.000 euros avec à la clé l’installation d’un chapiteau de cirque”.

Ce côté organisation lui a beaucoup plu, même du haut de ses 19 ans. Du coup, l’année suivante, elle se spécialisera dans les arts du spectacle pour ses études avant d’entamer un master professionnel dans l’administration des institutions culturelles. C’est là qu’elle mettra un premier pied à Nuit Blanche, comme stagiaire d’abord. “Je me souviens qu’en 2007, je regardais la retransmission de l’événement sur la chaîne Arte. Je me suis dit : “j’ai envie de faire ça””. Elle postule donc l’année suivante auprès de la direction des affaires culturelles de la ville de Paris. “C’était mon unique candidature”. Chloé Béasse est prise. “C’était génial d’assister aux comités de pilotage, de voir tout le côté de l’administration publique d’un tel événement”.

Des nuits blanches à n’en plus finir

L’année suivante, pour son nouveau stage, elle candidate pour APC (Art Public Contemporain), une des agences de production qui travaille aussi pour Nuit Blanche. “C’est là que j’ai vraiment créé mon futur premier poste de coordinatrice, ayant déjà de bons contacts avec la mairie de Paris”. A la fin de ses études, elle est alors engagée comme assistante de la directrice de la cellule de l’événement. En 2011, elle rejoint ensuite l’agence Eva Albarran, qui avait décroché un contrat de trois ans pour la production de Nuit Blanche. “Je n’ai pas travaillé que sur ce dossier, mais aussi sur Monumenta, la Triennale d’Art contemporain, la Biennale de Venise…” Des mois et des moins intenses, où Chloé Béasse doit gérer entre 15 à 30 projets en parallèle.

Des superbes expériences, rencontres et souvenirs comme entendre sa voix résonner dans le parc de Belleville au petit matin pour l’installation de l’artiste Hassan Khan, mais aussi beaucoup de stress. “C’était comme un cercle qui ne s’achève jamais”. La Française décide donc de tout lâcher en 2015. “J’étais tellement triste de quitter les équipes, mais j’avais une envie d’ailleurs, de vivre à l’étranger, moi qui n’avais jamais eu la chance de goûter au programme Erasmus”. Chloé Béasse veut vivre dans un pays anglophone, “et le plus proche restait l’Angleterre”. En arrivant à Londres, elle explique qu’elle n’avait pas d’ambitions particulières pour sa carrière professionnelle. “Tout ce que je savais c’est que je devais améliorer mon anglais”, rit-elle.

La Bretonne décroche un petit boulot comme hôtesse d’accueil au Royal Albert Hall et se décide à s’inscrire dans l’école la plus proche de chez elle : St John School of English sur Roman Road à Bethnal Green. “Deux mois après mon inscription, l’administratrice a quitté son poste. Alors j’ai postulé. Je me suis dit : “je sais gérer des chiffres, je sais coordonner, alors pourquoi pas ?””. 

Près de deux ans après, Chloé Béasse ne regrette en rien son choix. “Je rencontre des gens du monde entier, des parcours de vie incroyables et tellement différents les uns des autres et je suis dans mon quartier préféré de Londres, qu’est-ce que je pourrais demander de plus ?”. Elle a d’ailleurs des tonnes de projets pour l’école, comme développer des activités culturelles toujours en rapport avec l’Est de Londres. “Cette partie de la capitale regorge de trésors cachés que ce soit patrimoniaux, culinaires, architecturaux. Il y a un mélange des nationalités qui lui donnent son côté exceptionnel et j’ai envie de combiner ça avec l’apprentissage de la langue”.