Brexit : s’il n’y a pas d’accord, voyager vers la France deviendra plus compliqué

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Crédit : David Gubler

A deux mois de la fin des négociations sur le Brexit, les discussions entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sont pratiquement au point mort. Un pas en avant, six pas en arrière… au risque que cela aboutisse à un non-deal. Mais que risque-t-il de se passer si aucun accord n’est trouvé avant la date butoir fin novembre ?

“Un Brexit sans accord pourrait perturber le transport et notamment aérien entre le Royaume-Uni et les pays de l’Union européenne”, a prévenu le gouvernement britannique lundi 24 septembre. Ce scénario a été un des derniers présentés dans le document en plusieurs points délivrés par le pouvoir en place. Document retraçant les impacts d’une sortie du pays sans accord.

Si ce cas de figure se concrétise, alors les services de bus, de trains et d’avions à destination des pays de l’UE pourraient être suspendus, du moins partiellement. C’est en tous les cas ce qu’a laissé entendre la ministre française des Affaires européennes lors de son déplacement à Londres jeudi 13 septembre dernier. Selon Nathalie Loiseau, en l’absence de plans d’urgence, il pourrait être fort possible que les trains Eurostar puissent par exemple être arrêtés en arrivant sur le territoire français et que des avions britanniques puissent être empêchés d’entrer dans l’espace aérien français.

Car aucun cadre n’a été conclu pour le moment sur les normes d’aviation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni après le Brexit. L’UE a donc prévenu : elle cessera de reconnaître les normes de sécurité de la Grande-Bretagne en cas de no-deal. “Si le Royaume-Uni quitte l’UE en mars 2019 sans accord, les compagnies aériennes britanniques et européennes qui ont actuellement une licence perdraient automatiquement le droit d’exploiter des services aériens entre le Royaume-Uni et l’UE sans demander une autorisation préalable”, a également confirmé le gouvernement britannique dans son rapport.

Cela ne signifie pas nécessairement que les vols seraient cloués au sol au lendemain du Brexit, même si Michael O’Leary, le patron de la plus grande compagnie aérienne à bas prix d’Europe, Ryanair, a mis en garde contre le risque que des vols entre la Grande-Bretagne et l’Europe soient bloqués pendant plusieurs jours après le 29 mars 2019.

Cependant selon Airlines UK, qui représente 13 transporteurs immatriculés au Royaume-Uni, la Commission européenne a tout de même déclaré qu’elle mettrait en place un accord minimum d’aviation avec le Royaume-Uni pour que les avions continuent à voler et couvrent les questions de sécurité. En revanche, les contrôles aux frontières seraient intensifiés pour les usagers. Avec à la clé des files d’attente plus longues.