Marseille veut devenir la nouvelle capitale du cinéma anglais…

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Avec la série Marseille, diffusée sur Netflix, comme tête de gondole, la cité phocéenne veut prouver qu'elle est devenue la nouvelle capitale du cinéma

Une délégation de près de 10 personnes venue de Marseille s’est déplacée début décembre pour promouvoir la cité phocéenne lors du Focus London, salon dédié à la production cinématographique internationale. Contrairement à Paris, Lyon ou encore les régions Normandie ou Hauts de France, point de Brexit en fond de cette visite. L’objectif du maire adjoint de Marseille en charge de l’économie, qui avait fait le déplacement, était de promouvoir la ville comme destination… de tournage.

C’est depuis 2012 que la cité phocéenne a entamé son opération séduction à Londres avec une visite au moins une fois par an de la capitale anglaise. “Pour nous, ici, c’est le centre du monde en terme de cinéma, beaucoup de choses s’y passent. Et comme à Marseille, il se passe aussi beaucoup de choses, on veut créer des ponts entre les deux villes”, explique Didier Parakian, maire-adjoint en charge de l’économie. Le Brexit, il n’en a cure. “Cela n’a aucune influence sur notre travail. Certes, cela fait partie de l’actualité, mais on estime qu’à partir du moment où les professionnels décident de venir à Marseille pour tourner et qu’ils y trouvent leur compte, nous sommes également gagnants. Nos partenariats sont faits pour créer des passerelles, pour avancer main dans la main. Alors Brexit or not Brexit, that is not the question”, résume l’élu marseillais.

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Une délégation de la ville (avec Didier Parakian, au centre) avait fait le déplacement mercredi 4 décembre pour le salon Focus à Londres

513 tournages accueillis à Marseille en 2017

Les liens entre la Grande-Bretagne et la cité phocéenne ne sont pas nés d’hier. En 2013, l’architecte britannique avait été choisi pour rénover le Vieux Port. “Il y a aussi des grandes entreprises comme Hammerson ou encore Intercontinental Hotel qui sont venues investir à Marseille”, commente Didier Parakian. Le cinéma est une autre industrie lucrative pour la ville, puisque les retombées économiques liées aux tournages sont très élevées. ”On a compté plus de 300 000 séjours de touristes venus après avoir découvert Marseille à travers le cinéma ou les séries”, affirme Séréna Zouaghi, conseillère municipale déléguée à la mission cinéma et audiovisuel, avant de détailler : “Marseille est devenue la première ville de France, après Paris, à être la plus filmée. En 2017, on a accueilli 513 tournages tous formats confondus, 10 longs métrages, 15 séries télé, soit 1.250 journées de tournage dont 200 en co-production étrangère”.

Des chiffres à la hauteur des espérances de la Ville, qui a décidé en 2009 de créer un poste spécial au sein de la mairie. “La volonté de Jean-Claude Gaudin était de miser sur cette industrie culturelle, qui est aussi une industrie économique”, expose Séréna Zouaghi. L’idée était de structurer le secteur. Car en 2005, la ville comptait déjà près de 105 tournages par an. “Le maire a souhaité ainsi mettre en place un service municipal gratuit dédié aux productions pour les accompagner et les aider à venir tourner sur notre territoire”, résume la conseillère municipale déléguée. Un pari gagnant.

Même le monde de la publicité est très intéressé par la ville du sud de la France. En un an, le nombre de tournages a été multiplié par deux passant de 30 spots en 2016 à 65 en 2017. “Et là dedans on a eu de grands noms comme Porsche ou Adidas, cela veut dire que Marseille est devenue une marque. La preuve aussi avec Kad Merad qui a choisi d’appeler un de ses films “Marseille” ou encore la série produite par Netflix avec Gérard Depardieu”, lance l’élue.

A Londres, l’équipe était venue promouvoir tout cela, notamment auprès de grands groupes commes Google et Amazon. Didier Parakian avait ainsi préparé son discours en mettant en avant tous les atouts de la ville. “On est venu dire que nous avions de très belles infrastructures comme des beaux studios dont un dédié à la motion capture. On a aussi à disposition 1.500 intermittents du spectacle, un crédit d’impôts de 30% avec Film France, 300 journées de soleil par an, une proximité avec la capitale anglaise grâce à 4 vols par jour entre les deux villes, l’Eurostar…”, se félicite encore Didier Parakian qui attend de voir quelles seront les retombées de cette visite londonienne.