L’académie de Versailles vient à Londres chercher des idées pour l’accueil des exilés du Brexit

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La délégation de l'académie de Versailles, dont la rectrice Charline Avenel (au centre) accueille par le directeur du CFBL, François-Xavier Gabet

“Je suis très impressionnée par le niveau d’anglais en classe”. A la fin de la première partie de sa visite au Collège Français Bilingue de Londres, Charline Avenel s’est dite agréablement surprise. La rectrice de l’académie de Versailles n’en attendait pas moins puisque le but de son déplacement au sein de l’établissement vendredi 25 janvier était de s’inspirer de ce modèle pédagogique dans l’idée de le dupliquer dans les futures écoles du département mais plus largement de la région Ile-de-France pour l’accueil des familles revenues après le Brexit.

“On a voulu venir ici car le CFBL est un établissement connu et reconnu pour son apprentissage bilingue”, a justifié Charline Avenel. Elle, comme la délégation qui l’a accompagnée, ont passé l’après-midi à visiter les locaux, assister à des cours, à regarder comment se déroule le fonctionnement de l’école. “Nous avions trois buts dans notre déplacement à Londres : celui d’abord d’assister au BETT show, salon du numérique pour échanger sur les grandes tendances de l’éducation digitale et de l’intelligence artificielle car nous souhaitons que l’académie soit à la pointe sur ces questions-là”, a détaillé la rectrice, “puis nous avons souhaité rencontrer des banquiers, dans la perspective de la délocalisation de l’Agence bancaire européenne à Paris, et donc l’arrivée de nouvelles familles pour qui la question de l’éducation est essentielle. L’enjeu est grand pour scolariser les enfants et tous les autres qui reviendront en France après le Brexit. C’est pour cela, enfin, que nous souhaitions voir comment fonctionnait le collège bilingue”.

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François-Xavier Gabet, directeur du CFBL et Charline Avenel, rectrice de l’académie de Versailles
Photo : Patrick Negros

Une dynamique en adéquation des attentes de l’académie

Charline Avenel n’a pas regretté la dernière partie de ce déplacement, puisque pour elle l’établissement propose “une pratique pédagogique innovante liée au numérique, des projets inter-degrés, un climat scolaire chaleureux et familial, mais aussi et surtout un enseignement bilingue très intéressant”. La rectrice a estimé que cette dynamique éducative est en complète adéquation avec celle que la région Ile-de-France a développé ces dernières années.

Cette politique est illustrée par la création d’une école européenne, dont l’ouverture se fera à la rentrée 2019. Basé à Courbevoie, l’établissement accueille des cycles maternel et primaire, mais aussi un collège et un lycée. L’objectif de la construction de ces nouveaux locaux était avant tout d’accueillir les enfants du personnel des agences européennes qui, comme l’Agence Bancaire, ont choisi Paris ou l’Ile-de-France comme nouvelles adresses après le Brexit. “Cependant”, a précisé la rectrice de Versailles, “ce n’est pas exclusivement pour le retour de ces enfants. L’établissement est bien évidemment ouvert à tout le monde”, en particulier les Franciliens.

1.000 places ont été ainsi mises à disposition en section internationale pour recevoir les enfants bilingues depuis la rentrée 2018. Un autre établissement de ce type devrait par ailleurs ouvrir à Saclay dans l’Essonne en 2021. Ces nouvelles formes éducatives seraient-elles donc celles du futur? Oui, a répondu alors Charline Avenel. “Une pédagogie et des lieux innovants, comme le CFBL, où l’on pousse fortement l’apprentissage des deux langues et où une attention particulière est donnée aux arts et à la musique”.rectrice academie versailles eleves CFBL exiles Brexit

Deuxième visite en moins de deux ans

Au Collège Bilingue Français de Londres, dirigé par François-Xavier Gabet, cette visite a été perçue comme “très valorisante autant pour les enseignants que l’établissement en lui-même”. La direction a expliqué que seule l’académie de Versailles a eu ce type de démarche pour l’heure. Déjà, il y a un et demi, des représentants de l’institution s’étaient déplacés pour visiter les locaux. Cette seconde visite devait leur permettre donc d’affiner leur projet de filières bilingues pour les impatriés. Dans cette optique, un rapport a même été publié en janvier 2018 sur le développement de l’offre scolaire internationale en Ile-de-France.

Si le CFBL a été pris comme exemple, c’est parce que, a expliqué la direction, “nous avons  entre autres mis en place une plate-forme pour l’apprentissage des langues, avec une analyse fine pour évaluer les progrès des élèves tant sur la compréhension orale qu’écrite, sur le vocabulaire et la grammaire”. Ces nouveaux outils pédagogiques et numériques ont donc vivement intéressés l’académie versaillaise, qui a donc repris contact fin de l’année 2018 pour revenir dans les locaux du collège londonien.

A la fin de l’après-midi, cette visite aura visiblement été très concluante pour la délégation puisque la rectrice de Versailles a même parlé de “possibles partenariats” à l’avenir. Charline Avenel a aussi confié qu’un nouveau déplacement sera prévu dans les prochaines semaines notamment aux lycées Winston Churchill et Charles de Gaulle mais aussi en mars dans des écoles britanniques “pour mieux comprendre les vertus du système éducatif ici parce que les gens qui reviendront après le Brexit pourraient espérer retrouver ce qui leur était aussi offert au Royaume-Uni. Il faut vraiment que l’on soit au rendez-vous des attentes” des impatriés. “Tout le monde a à y gagner, même les Franciliens”. En tous les cas, la rectrice a juré que l’Ile-de-France était déjà prête pour accueillir les exilés du Brexit.