Des parents d’élèves du CFBL jugent les conditions d’admission au Lycée Charles de Gaulle discriminantes

CFBL matinée portes ouvertes Collège Français Bilingue de Londres
Le CFBL (collège français bilingue de Londres)

Cela couvait depuis plusieurs mois, explique Marie-Pierre Bouché de l’association de parents d’élèves du Collège Français Bilingue de Londres (CFBL), “c’était un sujet récurrent et on a décidé de faire bouger les choses”. C’est donc par une lettre datée du vendredi 10 mai que l’association a interpellé plusieurs acteurs, de l’ambassadeur de France au Royaume-Uni aux parlementaires français de la circonscription mais aussi la directrice de l’Institut français et le directeur de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

Ce que réclame les parents d’élèves du CFBL, “c’est de l’équité” concernant les conditions d’admission des élèves du CFBL au Lycée français Charles de Gaulle lors de leur passage en classe de seconde. “L’an dernier, nous avions lancé un questionnaire auprès des parents pour savoir ce qu’ils pensaient de ces conditions, ils sont été d’accord pour dire qu’ils voulaient avoir le choix entre les Lycées Charles de Gaulle et Winston Churchill, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui”, complète Marie-Pierre Bouché. Selon la membre de l’association, les adolescents seraient automatiquement dirigés vers l’établissement Winston Churchill alors que certains parents souhaiteraient inscrire leur enfant à Charles de Gaulle.

Les parents veulent avoir le choix

“Si nous comprenons parfaitement les règles de ‘courtoisie’ instaurées entre les écoles visant à les préserver (à l’époque, avant l’arrivée du Brexit, où le contexte était tendu et le Lycée de De Gaulle était saturé ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, ndlr), nous souhaitons aujourd’hui que ces règles s’assouplissent au niveau des changements de cycle, et plus particulièrement le passage au lycée, de manière à ce que les familles puissent effectivement déposer une candidature dans le lycée de leur choix et que cette candidature soit réellement et objectivement étudiée”, explique la lettre adressée entre autres au proviseur du Lycée français Charles de Gaulle, Didier Devilard. “Nous ne sommes pas le même établissement que Winston Churchill”, rappelle Marie-Pierre Bouché, soulignant qu’officieusement il était jusque-là convenu que les élèves du CFBL devaient logiquement poursuivre leur scolarité du côté de Wembley, alors que le collège et le lycée sont deux établissements bien distincts.

Pour l’association de parents d’élèves du CFBL, “il est absolument anormal qu’aujourd’hui, à la lecture des critères de priorité d’admission du Lycée Français Charles de Gaulle, la candidature des élèves de 3ème du CFBL ne bénéficiant ni d’une bourse ni d’une priorité fratrie, soit considérée comme une première inscription hors réseau Londres et soit ainsi reléguée en 7ème position. Ces enfants sont des élèves à part entière du réseau AEFE Londres pour certains depuis la 1ère année de maternelle”

L’association prête à aller plus loin dans les actions

Marie-Pierre Bouché et les autres membres réclament donc cet assouplissement dès la rentrée prochaine. “Cette lettre n’a pas été faite pour créer la polémique, nous n’agissons pas contre quelqu’un ou contre un établissement, nous voulons simplement une équité. En France, nous avons bien une carte scolaire, alors pourquoi nous n’en ferions pas de même à Londres”. Comprendre là faire en sorte que les élèves londoniens soient prioritaires sur ceux venus de l’extérieur. “On veut avoir le choix”, martèle la Française.

Sollicités, l’ambassade de France et le Lycée Charles de Gaulle ont répondu que le dossier serait discuté lors de la prochaine réunion du “plan école” lundi 3 juin prochain. Ce plan a été lancé en 2007 pour améliorer l’accueil et la capacité de scolarisation des enfants français au Royaume-Uni. Chaque année, les acteurs, composés des établissements concernés, des acteurs de la société civile et des parlementaires locaux, se réunissent pour faire le point. L’association des parents d’élèves du CFBL espère bien obtenir des réponses lors de ce rendez-vous. “Si nous ne sommes pas entendus, nous mènerons une action plus virulente”, promet Marie-Pierre Bouché, “car cela fait déjà plusieurs mois que nous tirons la sonnette d’alarme et il est maintenant temps de faire cesser cette situation discriminante”.