Brexit : la France sort l’artillerie… fiscale pour attirer les entreprises de jeux vidéo

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Crédit : Ybierling

C’est dans le cadre de la campagne Choose France initiée en 2018 par le président Emmanuel Macron à destination des entreprises et investisseurs du monde entier, que vient d’être lancée “Join The Game”. Cette campagne de promotion, profitant également du climat brumeux entourant le Brexit, a pour objectif d’inciter les compagnies de création de jeux vidéo installées au Royaume-Uni à rejoindre l’Hexagone.

Le jeu vidéo, devenu en quelques années la deuxième industrie culturelle en France, derrière le livre et devant le cinéma, est l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie du pays, comptabilisant plus de 5.000 emplois directs. En 2018, le chiffre d’affaires de cette industrie s’élevait à 4.9 milliards d’euros. Mais la majorité des plus grands éditeurs étrangers de jeux vidéo avait jusque-là préféré le Royaume-Uni à la France pour y établir le siège de leurs activités européennes.

Cependant avec la sortie imminente du pays de l’UE, la France sait qu’elle a dorénavant sa carte à jouer. C’est pourquoi la Direction générale des entreprises (DGE), en partenariat avec Business France, le Centre National du Cinéma et de l’image animée, le Syndicat des Editeurs de Logiciels et de Loisirs et le Syndicat National du Jeu Vidéo, a donc lancé lundi 1er juillet, sur le réseau social LinkedIn et en créant un site internet dédié, la campagne de promotion “Join the Game” auprès des studios et éditeurs de jeux vidéo implantés sur le sol britannique.

Des talents et des dispositifs fiscaux avantageux

“La France dispose d’un tissu dynamique de studios et d’éditeurs intégré au sein d’un écosystème bien structuré et actif, avec notamment des clusters régionaux, des laboratoires de recherche et des écoles de formation de grande qualité formant continuellement des talents réputés à l’international”, avancent la DGE qui mise surtout, pour attirer les entreprises établies au Royaume-Uni, sur des arguments fiscaux, comme le Crédit d’Impôt Jeu Vidéo (CIJV). “Avec un taux à hauteur de 30% des dépenses de production éligibles, le CIJV soutient le développement et l’implantation des studios en France et joue un rôle fondamental dans le renforcement de la compétitivité coûts de la France face à d’autres pays producteurs de jeux vidéo”, explique la DGE.

D’autres dispositifs pourront aussi être associés à ce CIJV, comme le Passeport talent ou le French Tech Visa. A cela s’ajoutent également le Fonds d’aide au jeu vidéo (FAJV), cofinancé en partie par le ministère de l’Economie et soutenant “la création et l’innovation dans le secteur du jeu vidéo”, ainsi que le Fonds de prêts participatifs au jeu vidéo (FPJV), créé en novembre 2015 et destiné à financer les investissements de développement et de production des entreprises du jeu vidéo (éditeurs comme développeurs).

Reste à savoir si les compagnies britanniques seront sensibles à ce chant des sirènes… fiscal et financier, mais cela pourrait s’avérer vraiment payant dans ce climat du Brexit : comme le rappelle le quotidien The Guardian, Ian Livingstone, fondateur de Games Workshop et l’un des chefs de file de cette industrie britannique, avait déjà averti en novembre dernier qu'”en supprimant la stabilité et les nombreux avantages de l’adhésion à l’UE, il est à craindre que le Brexit ne nuise à l’ambition de l’industrie britannique d’être la meilleure du monde.”