Le chanteur Ewood veut “éveiller les consciences” sur la santé mentale

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Crédits : Ewood

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La santé mentale est aussi invisible physiquement qu’elle l’est dans le débat public. C’est ce dont parle l’artiste franco-britannique Ewood dans son nouveau single “I Don’t Know”, inspiré de sa propre histoire, qui sortira vendredi 27 septembre. Il prévoit également de réaliser un documentaire sur la santé mentale, intitulé “I Don’t Know How I Feel”, pour lequel il a lancé une campagne de levée de fonds.

De son vrai nom Guillaume Ewoudou, ce Parisien de naissance a toujours été passionné par la musique. À l’âge de 8 ans, il réalise qu’il veut être chanteur lorsqu’il aperçoit Michael Jackson à la télé. Il commence donc à prendre des cours de chant, de danse et de théâtre au Conservatoire. S’il savait qu’une partie de famille était anglaise, ce n’est que 18 ans qu’il la rencontre et il commence alors une nouvelle vie entre Paris et Londres. Idéal pour lui en termes d’opportunités artistiques et de perfectionnement de la langue de Shakespeare. Le jeune homme se forme au Studio 68, une école de danse londonienne. Il s’installe définitivement dans la capitale anglaise en 2013, où il entame sa carrière de chanteur avec à la clé une tournée en Europe.

C’est là que la santé mentale d’Ewood se détériore. Il est atteint de dysphonie, un trouble de la voix très commun chez les chanteurs, suite à un gros choc émotionnel en 2014. “Je ne parvenais ni à chanter ni à parler correctement après le suicide de l’un de mes frères”. Malgré sa tentative de “mettre tout ça sous le tapis” en se concentrant sur son travail, le Parisien finit par être rattrapé par le deuil. Il perd aussi l’usage de son genou après une chute, le rendant incapable de danser. “Après la tournée en Europe, je me suis écroulé, physiquement et émotionnellement. J’ai plongé dans une grosse dépression, je ne pouvais plus exercer mon métier et je me demandais ce que j’allais faire.

Un sujet invisible

C’est cette expérience dramatique que l’artiste franco-britannique souhaite aujourd’hui raconter à travers son single “I Don’t Know”. “Une fois guéri, je me suis demandé ‘Qu’est-ce que je peux faire à mon petit niveau pour transformer ce que j’ai vécu quelque chose de positif ?’ J’ai pensé à la chanson et au documentaire.

Afin de financer ce documentaire, intitulé “I Don’t Know How I Feel”, Guillaume Ewoudou lance alors une campagne de levée de fonds en juillet dernier. Le film, qui sera une compilation d’interviews de personnes ayant souffert de problèmes de santé mentale, fera intervenir entre autres, un coach sportif français, un ancien chef d’entreprise et une présentatrice de la télé anglaise. Le chanteur y tiendra le rôle de narrateur, mais également de producteur et de réalisateur, en plus d’interpréter la bande originale, qui ne sera nulle autre que son nouveau single “I Don’t Know”. Son but : “éveiller les consciences et entamer une discussion sur la santé mentale”, qui reste à ses yeux un problème souvent invisible.

Aujourd’hui âgé de 32 ans, Ewood se sent renforcé par son expérience et veut s’adresser en priorité aux jeunes. Il aimerait diffuser son documentaire à la télé anglaise, sur Channel 4 ou sur la BBC, mais aussi dans les collèges et lycées. “Si, à 14-15 ans, j’avais su ce que je sais maintenant, j’aurais géré beaucoup de choses autrement et je me serais moins pris la tête”, estime-t-il.

“Mon plus gros combat”

Sa guérison a été longue, mais désormais, le chanteur va mieux. “J’y suis allé lentement, un pas après l’autre. L’une des premières choses que j’ai faites, c’était de dormir avec les rideaux ouverts pour que la lumière du jour me réveille, pour ne plus me retrouver dans le noir. Ensuite, j’ai repris petit à petit les exercices vocaux et de danse.” Le titre de la chanson et du documentaire font référence à “ce sentiment indescriptible quand on me demandait comment j’allais et que je ne savais pas quoi répondre. Je n’arrivais pas à expliquer mes émotions.” Son conseil : “Même si vous traversez des choses compliquées et que vous avez l’impression que vous n’allez jamais en sortir, il ne faut pas s’arrêter d’espérer.

Du fait de sa double culture, Ewood est très au fait des différences entre la France et le Royaume-Uni sur le sujet de la santé mentale et de sa place au sein du débat public. “En Angleterre, même si c’est encore toujours timide, il y a plus de personnalités qui en parlent ouvertement. En France, il y a quelques personnes, mais ça reste assez invisible.” Le Franco-britannique déplore également le fait que la gent masculine en particulier ne soit pas assez encouragée à demander de l’aide ou se confier. “La société dicte que les hommes ne doivent pas pleurer ni montrer leurs émotions. Du coup, quand ils vont vouloir s’exprimer et parler de ce qui ne va pas, ils ne vont pas savoir comment le faire. On va penser qu’ils sont faibles, que ce n’est pas normal, etc.

Ewood compte bien aborder tous ces sujets dans son documentaire, qui durera environ 45 minutes et dont le tournage n’a pas encore commencé. L’objectif de la campagne de levée de fonds est fixé à £9.000, une somme en réalité peu élevée pour une production audiovisuelle. “Je veux quelque chose de qualité et je mettrai toute l’énergie qu’il faut pour le faire.” Le nom des donateurs sera affiché au générique de fin, et ces derniers pourront également le visionner en ligne en avant-première. “Il n’y a pas de petite donation !”, assure le chanteur, qui espère pouvoir commencer le tournage avant la fin de l’année afin de le présenter en janvier 2020. Et il ne compte pas en rester là : “Ce ne sera pas le seul documentaire, je veux faire des suites et parler d’autres thématiques en rapport avec la santé mentale. Ce sera mon plus gros combat”.

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