Hélène Conway-Mouret : “Le settled status est un droit et c’est gratuit, alors demandez-le”

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La section du Parti socialiste de Grande-Bretagne et l’association des Français du Monde-Adfe avaient organisé à Londres jeudi 10 octobre une réunion publique spéciale Brexit, avec comme invitée l’ancienne ministre déléguée chargée des Français de l’étranger et sénatrice, Hélène Conway-Mouret. L’objectif de cette réunion publique était de répondre aux interrogations de la communauté à trois semaines de la date officielle de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

“Si j’ai répondu oui à cette invitation, c’est parce que non seulement c’est mon rôle en tant que représentante des Français de l’étranger mais aussi parce que le Brexit crée beaucoup d’anxiété”, reconnaît-t-elle, “j’ai reçu un certain nombre de messages de Français en disant : ‘qu’est-ce que vous faites pour nous ?, ‘est-ce qu’on pourrait avoir informations sur ce qui se passe ?’. Mais nous ne pouvons rien faire à part attendre la décision finale des Britanniques. Cependant, si on ne peut pas faire les choses à leur place, on peut au moins agir sur un point : nous assurer dans les négociations de bien défendre les droits de nos concitoyens”. 

Selon les derniers chiffres du Home Office parus en septembre, un peu plus de 70.000 ressortissants français ont fait une demande de settled ou de pre-settled status depuis l’ouverture des démarches en mars dernier. De quoi inquiéter fortement Hélène Conway-Mouret. “S’il y a bien une sortie le 31 octobre, les 250.000 Français restants (elle estime que 300.000 Français vivent actuellement sur le sol britannique, ndlr) vont alors se réveiller d’un coup”, prophétise la sénatrice, “il faut leur rappeler que ce qui se passe actuellement est grave, qu’il faut faire preuve de réalisme et ne pas vivre dans l’utopie. Personne ne peut aujourd’hui prétendre ne pas savoir que le Brexit a été voté et que le Royaume-Uni entend sortir de l’Union européenne”.

Ce serait “idiot de résister”

Elle invite ainsi fortement les Français qui n’auraient pas encore engagé leurs démarches à le faire le plus rapidement possible. “C’est un droit, c’est gratuit, alors demandez-le”, conjure-t-elle. “Je suis une élue de la Nation, je légifère et les lois que nous votons sont là pour que nous puissions gérer le pays et qu’il y ait des règles. Si la règle dit que, pour avoir la possibilité de résider et d’être reconnu ici pour activer ses droits, il faut demander ce settled status, je ne vois pas pourquoi quelqu’un refuserait de faire la demande”, justifie Hélène Conway-Mouret, “on ne parle pas ici d’adopter la nationalité britannique. Dans le cas actuel, le gouvernement britannique dit que pour être conformité, il faut demander son settled status. Ne pas le faire, ce serait comme vouloir se rendre dans un pays qui requiert un visa d’entrée et dire ‘je refuse’. Alors, logiquement, vous n’aurez pas la possibilité d’y venir”.

Pour elle, la question n’est donc pas de savoir si les ressortissants français, et plus largement européens, sont d’accord ou non avec cette règle, mais de la suivre, “d’autant que”, souligne l’ancienne ministre, “j’ai l’impression que ce statut a été mis en place de façon assez interactive et facile, puisque maintenant la demande est aussi accessible sur Apple. Des efforts sont donc réalisés pour que les gens puissent le faire sereinement. Il n’y a alors pas de débat à avoir”. Il serait “idiot”, selon elle, “de résister”, sinon “le jour où vous voudrez demander quoique ce soit à l’administration britannique, vous serez repéré comme vivant illégalement sur le territoire britannique, et donc être sujet à expulsion. Sans oublier que les propriétaires de logement auront le devoir de vérifier que vous êtes bien enregistrés dans les données nationales. Donc les Français ont tout intérêt à le faire”.

Mais alors comment Hélène Conway explique-t-elle qu’il y ait si peu de ressortissants de France à ne pas avoir encore faire la demande ? “Je pense que, comme on est encore dans cette période d’incertitude, finalement il y a une attente de la part de certains. Ils se disent que tant que le pays n’est pas sorti de l’Union européenne, il reste un espoir que les choses changent et donc qu’il n’est pas intéressant de s’engager dans toutes ces démarches administratives”.