Bubbly Tree veut prouver que la publicité peut sauver la planète

Henry Tran

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La COP21 de 2015 a eu l’effet d’un déclic pour Henry Tran. Soucieux d’agir en faveur du développement durable, le Français a imaginé Bubbly Tree, une plateforme qui a déjà permis de planter 20.000 arbres grâce aux revenus de la publicité. Une solution durable, inspirée notamment du moteur de recherche Ecosia et qui cherche tant bien que mal à se faire connaître pour atteindre son objectif d’un million d’arbres en terre d’ici cinq ans. A cette fin, le Londonien d’adoption et son associée espagnole, Heylene Semper Haber, ont pu présenter leur plateforme, mardi 19 novembre 2019 dans la capitale anglaise, lors d’une soirée dédiée aux solutions éco-responsables en présence de plusieurs entrepreneurs locaux.

“Les arbres portent en eux un message positif”

Sur le papier, planter un arbre ressemble à un jeu d’enfant. Il suffit de se rendre sur Bubbly Tree, de sélectionner une marque et d’en regarder le spot promotionnel de moins d’une minute… et le tour est joué. Lorsque la vidéo a été vue 10.000 fois, la société débloque les 1.000$ nécessaires à la plantation de 10.000 jeunes pouces. Entre ensuite en action Trees for the future, une organisation à but non-lucratif qui compte derrière elle trente ans d’expérience dans la créations de vergers en Afrique.

S’il va de soi que les arbres ont un effet bénéfique pour la planète puisqu’ils consomment le CO2 de l’atmosphère pendant la photosynthèse, leurs fruits sont également à prendre en considération comme une ressource alimentaire et financière. En effet, l’ONG fait en sorte d’impliquer les communautés locales dans les projets de reforestation afin qu’ils puissent en bénéficier économiquement et socialement. “Les arbres portent en eux un message positif”, enchérit Henry Tran.

“Le marché de la publicité représente 500 milliards de dollars, notre idée est donc de capter une partie de cet argent” pour lutter contre le dérèglement climatique, ajoute-t-il. En parallèle, la start-up est également à la recherche de fonds versés gracieusement par des entreprises ou des particuliers. Récemment, un don a d’ailleurs permis de planter 100 arbres dans les cours des écoles londoniennes et ce, en dépit du fait que leurs coûts d’installation soit 50 fois supérieurs à celui d’une plantation en Afrique. Le fondateur de Bubbly Tree explique en effet “croire aux initiatives locales car elles permettent aux citoyens de voir directement le résultat des actions menées”.

L’enjeu de la communication

Pour créer ce projet “pensé pour fédérer toutes les énergies”, Henry Tran et son associée ont mis à profit leurs carnets d’adresses. Les deux collègues avaient en effet dans leur manche les webmasters et designers nécessaires au lancement du site ainsi que leur premier annonceur, un horloger employant un bois éthique. Aujourd’hui, “(leur) objectif est d’avoir toujours plus de sponsors”, confie le Français avant de préciser veiller à “sélectionner des annonceurs engagés pour le développement durable”.

Tout l’enjeu de la plateforme est désormais de se faire connaître du grand public pour attirer les publicitaires et surtout “démultiplier le nombre d’arbres plantés”. Pour ce faire, les co-fondateurs de Bubbly Tree souhaitent courir les colloques en espérant attirer l’attention de personnalités influentes telles que le youtubeur américain MrBeast qui a annoncé, le 25 octobre dernier, commencer une collecte de fonds destinée à planter 20 millions d’arbres à l’horizon 2022. Dans la foulée, plusieurs chefs d’entreprise comme Elon Musk – patron de Tesla – lui avaient emboîté le pas en donnant un million de dollars. “On sent que c’est le bon moment pour mettre ce genre de sujet sur la table”, lâche l’homme de 40 ans avant d’ajouter “rechercher le même effet boule de neige qu’a connu Greta Thunberg.

Bubbly Tree
Henry Tran et Heylene Semper Haber, co-fondateurs de Bubbly Tree, lors d’une soirée dédiée aux solutions éco-responsables mardi 19 novembre.

“J’ai toujours été sensible à l’environnement”

Né à Martigues, Henry Tran a grandi à Vauréal dans le Val d’Oise. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique, il intègre l’UTC, une école d’ingénieur compiégnoise dont il sort diplômé en 2003. Conscient de l’enjeu écologique du XXIème siècle, le jeune homme part alors à Bordeaux pour suivre un master en management, qualité et développement durable. La lecture du livre de Sylvain Darnil, 80 hommes pour changer le monde, lui fait porter un nouveau regard sur l’écologie en se focalisant davantage sur les pistes de solutions que sur les problèmes posés par le dérèglement climatique. C’est alors qu’il réalise avoir “toujours été sensible à l’environnement”.

Au sortir de ses études, Henry Tran s’engage alors comme volontaire auprès de l’ONG WWF et réalise des missions de sensibilisation auprès d’écoliers et dans de grands magasins. “J’étais assez frustré parce que les gens ne m’écoutaient pas vraiment”, se rappelle-t-il. En 2014, il déménage à Londres séduit par “l’énergie de cette ville qui laisse penser que tout est possible” et intègre une entreprise de la City spécialisée dans les services financiers.

Bien qu’expatrié outre-Manche, la tenue de la COP21 à Paris en 2015 résonne en lui comme un signal d’alerte. “Je me suis dis qu’il était temps de faire quelque chose à mon niveau mais je ne me sentais pas capable de conduire mon projet seul”, raconte-t-il. C’est finalement auprès de sa collègue de bureau, Heylene Semper Haber, qu’il trouve le soutien nécessaire pour mettre sur pied Bubbly Tree en juin 2017. Calquée sur le fonctionnement d’autres initiatives comme Gooded dans l’Hexagone mais surtout Ecosia (le moteur de recherche allemand utilisant les revenus de la publicité pour planter des arbres, ndlr), leur plateforme promeut une certaine vision du développement durable. A savoir, “une approche qui doit bénéficier aux hommes, à la planète mais aussi à l’économie”.

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