Après avoir enseigné la spiritualité, Rémi Lessore s’est attaqué au Krav-maga

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“J’avais un peu plus de 40 ans quand j’ai commencé le Krav-maga”, explique Rémi Lessore, “c’est un sport qui m’a donné de la confiance et du courage, alors que je travaillais à l’époque avec des enfants difficiles”. Ce Franco-britannique de 52 ans, qui travaille dans le domaine de la sécurité publique, s’est pris de passion pour cet art martial. Il a même monté son école à Londres, où il enseigne, notamment à de nombreux Francophones, les meilleurs techniques de combat et d’auto-défense.  

Ses cours dispensés à West Northwood, Hoxton et Peckham ne désemplissent pas. Les élèves, de tout sexe et âge, viennent apprendre les gestes et coups mais pas seulement. “Je leur apprend à ne plus être gentil”, résume Rémi Lessore, “le Krav-maga est un art pour se défendre mais surtout pour combattre”. Mais il ne faudrait pas s’y méprendre. L’objectif n’est de devenir agressif mais de “se prémunir des personnes agressives”. “Quand on connaît les techniques du Krav-maga, on apprend à surmonter sa réticence biologique et culturelle à la violence”, explique le Franco-britannique, “attention, l’idée n’est cependant pas de créer des monstres, mais apprendre aux gens à ne plus avoir peur. Car quand on n’a plus peur, on garde son calme et donc on ne se bat pas. Par exemple, en six ans, je n’ai frappé qu’une seule personne et c’était pour la maîtriser dans le cas de mon travail dans la sécurité des populations”. 

“Cela m’a aidé à gérer mon corps et me donner plus de courage”

Le Krav-maga est une méthode d’autodéfense d’origine israélo-tchécoslovaco-hongroise combinant des techniques provenant de la boxe, du muay-thaï, du judo, du ju-jitsu et de la lutte. Cet art martial est devenu une spécialité de l’armée israélienne, il est aussi très utilisé par les services de police et militaires de pays comme les Etats-Unis, mais aussi le Royaume-Uni et la France. 

Les motivations qui ont poussé Rémi Lessore à se lancer dans l’apprentissage de cette technique sont multiples. Né à Londres d’un père britannique et d’une mère française, il a eu une enfance heureuse. Mais il raconte que petit, il était un peu le bouc émissaire à l’école. “J’étais celui qu’on frappait”, confie-t-il. Il développe alors une “profonde insécurité personnelle”, sans compter, ajoute le Franco-britannique, qu’il était dyslexique. “Plus grand, les arts martiaux m’ont finalement aider à mieux gérer mon corps et donner plus de courage”, assure-t-il. 

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Les sports de combat l’ont aussi beaucoup aidé alors qu’il travaillait avec des enfants difficiles. Ancien étudiant à Paris en langues étrangères appliquées, il lâche son cursus. Il revient au bout de deux ans, accompagné de sa femme enceinte, à Londres, “car il est difficile de trouver du travail en France quand on n’a pas de diplôme”, pense-t-il. Il enchaîne alors différents jobs. Il devient même sapeur-pompier pendant près de 6 ans, avant de tout plaquer et de retourner sur les bancs de l’université. Il va y étudier la théologie. “Je suis allé jusqu’à la maîtrise, je voulais faire un doctorat, mais ma femme venait d’accoucher de notre septième enfant”, lance Rémi Lessore. 

La religion lui ouvre l’esprit sur le Krav-maga

Il a 35 ans à l’époque et devient alors enseignant en religion dans des lycées de la capitale anglaise. Là, il y rencontre des enfants dits difficiles. Cette expérience va lui rester en mémoire, alors qu’il change de direction professionnelle en intégrant la sécurité publique. “C’est à ce moment-là que j’ai commencé le Krav-maga”, explique le Franco-britannique, “j’ai découvert ce sport à travers la religion, car cet art martial est pour moi très lié à la spiritualité. Il aide à être connecté aux autres”. Très rapidement, il se passionne et décide de se former à Paris au sein d’une des plus grandes fédérations européennes. 

A son retour, il monte son école KMACS. Douze ans plus tard, ses cours sont très demandés, notamment par les Francophones, du coup les sessions sont parfois dispensées en français. De plus en plus de femmes par ailleurs viennent pour apprendre des techniques de défense, fait-il remarquer. “Il y a entre 20 à 25% d’élèves féminines, j’aimerais bien avoir plus. L’idée est qu’elles n’apprennent pas à tenir tête dans une bagarre mais à contourner la situation, à être plus intelligentes que leur agresseur”. Outre ses cours, Rémi Lessore intervient auprès d’élèves scolarisés dans des écoles “difficiles”. “Il y a beaucoup d’agressions au couteau à Londres. Je leur apprend à se défendre et à désarmer leur agresseur, mais certainement pas à être violent en retour”.