Brexit : l’orchestre national de Lille joue sa carte d’ambassadeur des Hauts-de-France

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Alexandre Bloch, François Bou et Eric Lu

Quand la musique vient au secours des relations diplomatiques et économiques : c’est ainsi que l’on pourrait résumer la venue pour 5 concerts exceptionnels de l’orchestre national de Lille au Royaume-Uni au moment même où le pays doit sortir de l’Union européenne.  L’ensemble musical se produira en effet à Londres, mais également dans quatre autres grandes villes d’Angleterre, avec un objectif : aider à renforcer la relation entre la région des Hauts-de-France et la Grande-Bretagne.

Une délégation des Hauts-de-France accompagnera la tournée

“Il y a toujours eu un lien culturel mais aussi économique important entre notre région et le Royaume-Uni”, explique le directeur général de l’orchestre national de Lille, François Bou, “après le référendum sur le Brexit, nous nous sommes dits qu’en tant qu’ambassadeur de notre territoire nous devrions faire quelque chose pour renforcer ce lien avec nos amis britanniques”. La Grande-Bretagne est en effet le premier partenaire commercial des Hauts-de-France, dépendante donc de cette relation. 5.500 entreprises de la région commercent en effet régulièrement avec l’île et 32 d’entre elles possèdent au moins une succursale outre-Manche. 

Rien de mieux alors que la musique pour adoucir les mœurs… Le directeur général considère ainsi que la tournée de cinq dates au Royaume-Uni entre janvier et février 2020 sera une manière d’entretenir et prolonger ce lien, alors qu’au même moment, le pays devrait sortir du bloc européen (la date butoir est fixée au 31 janvier 2020). Pour cela, l’ensemble ne viendra pas seul. “Cette tournée sera donc aussi l’occasion de jouer la carte économique, politique et diplomatique”, complète François Bou. C’est pourquoi l’orchestre national, qui sera le seul ensemble français à se produire sur le sol britannique en 2020, viendra accompagné d’une délégation d’acteurs commerciaux et d’organismes représentatifs des Hauts-de-France, comme Lille Métropole et Hello Lille, pour que ces derniers puissent engager un meilleur rapprochement avec le pays et les villes où auront lieu les concerts. 

Un programme avec Ravel et Debussy, sans oublier Beethoven

L’orchestre national de Lille débutera cette tournée au Symphony Hall de Birmingham mardi 28 janvier, puis au Cadogan Hall de Londres mercredi 29 janvier, à The Sage à Newcastle jeudi 30 janvier, au City Hall de Sheffield vendredi 31 janvier avant de la terminer au Leeds Town Hall samedi 1er février, soit au lendemain de la sortie programmée du pays de l’Union européenne. L’ensemble sera dirigé par Alexandre Bloch, pour qui cette tournée prendra une saveur toute particulière. “J’ai un lien fort avec le Royaume-Uni puisque c’est ici que j’ai commencé ma carrière”, rappelle le Français. Après avoir le concours Donatella Flick (compétition pour les jeunes chefs d’orchestre organisée tous les deux ans dans la capitale anglaise) en 2012, il intègre le prestigieux London Symphony Orchestra comme chef assistant jusqu’en 2014. “Je suis fier de présenter avec un programme français l’orchestre national de Lille en Grande-Bretagne, pays où j’ai donc beaucoup appris”. Le programme, promet-il, sera par ailleurs “coloré et plein de sens pour mon pays d’adoption”. 

Les musiques ont donc été spécialement choisies par Alexandre Bloch, avec des chefs d’œuvre de Ravel (Ma mère l’Oye, La Valse) et Debussy (La Mer, Iberia), soit “la quintessence du savoir-faire français”. Cette tournée sera aussi le prétexte pour célébrer le 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven. Son 4ème concerto pour piano sera ainsi joué par le jeune et talentueux américain Eric Lu, considéré comme l’une des stars montantes du piano en Grande-Bretagne. “Il aura fallu deux ans pour préparer cette tournée”, précise Alexandre Bloch, “on ne savait pas s’il y aurait Brexit ou pas. Quand on repartira après ces cinq dates, le Royaume-Uni sera sorti du l’Union européenne. Alors pour nous, c’est le meilleur moment de venir et de montrer en musique notre attachement à ce pays”, conclut le Français.