Mummy Needs veut déculpabiliser les parents “parfaitement imparfaits”

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Derrière Mummy Needs se cache Sabrina Kerchove-Miloud. La Française installée à Londres depuis un an a lancé sa marque fin 2019 dans l’idée de fédérer les mamans autour du thème de la maternité déculpabilisée. Parce que, raconte la mère de famille passée par un burn out, “il est autorisé de se laisser aller à un petit plaisir égoïste de temps en temps”.

Mummy Needs, c’est beaucoup de choses : une gamme de t-shirts made in France, certifiés bio, pour promouvoir une maternité décomplexée sur le ton de l’humour “Mummy Needs a Martini” et “Mummy Needs a Timeout”, des ressources et du contenu pour les mamans, un podcast ainsi que des événements privés et en entreprises pour briser les tabous liés à la maternité, et plus largement à la parentalité. Le concept est né dans la tête de Sabrina Kerchove-Miloud, établie à Londres depuis un an. Elle y a suivi son mari venu pour des raisons professionnelles. Mais son arrivée s’est faite quelque peu dans la douleur. “Pour résumer, j’étais en plein burn out maternel”, lance la trentenaire, maman de deux garçons de 4 et 7 ans. 

De la course à la perfection au burn out parental

Ce basculement émotionnel était latent. “Les femmes sont souvent soumises à la course à la perfection : on le voit sur les réseaux sociaux, dans les publicités, entre mamans à l’école pour l’organisation des anniversaires… Si on n’est pas parfaite, alors on est rarement intégrée dans les groupes. On craint aussi le regard de son mari, de ses enfants”, détaille Sabrina Kerchove-Miloud. Quand elle a vécu ce fameux burn-out, la Française avait beau chercher, elle trouvait peu d’informations pour l’aider à surmonter la situation. “C’est encore tabou et surtout mal vu de vivre cela”, assure la jeune femme. Alors, elle creuse le sujet et décide de se former sur le burn out maternel.

Cela tombe plutôt bien puisque cette ancienne cadre dans le recrutement et les ressources humaines cherche un nouveau challenge professionnel. “J’ai toujours eu cette envie d’entreprendre, mais l’idée me manquait”, confie la Française. Elle étudie à distance à l’université de Louvain, où elle obtient deux PhD. “Mon ambition était de proposer du vrai contenu autour des sujets de la maternité, il était donc essentiel que je me forme”, justifie Sabrina Kerchove-Miloud avant de rappeler, “je ne suis ni psychologue, ni médecin. Le but est de permettre d’avoir des échanges solides”. 

Mummy Needs Sabrina Kerchove-Miloud Londres

Mummy Needs pour apprendre à déculpabiliser

Pendant plusieurs mois, elle planche ensuite sur son projet, qu’elle baptisera donc Mummy Needs, car “les mamans ont parfois besoin de faire une pause”. Elle pense très vite à une marque de t-shirt (fabriqués en France, en coton bio et certifié vegan, précise-t-elle) avec les slogans “Mummy Needs a Martini” et “Mummy Needs a Timeout”. Une manière de rire de la situation, de déculpabiliser et surtout d’afficher clairement qu’il est plus qu’essentiel de “casser les codes de la perfection”. “Les femmes doivent assumer qu’elles ont droit de prendre du temps pour elles ou pour être avec leur conjoint, d’avoir un sas de décompression pour pouvoir ensuite mieux profiter de sa famille. Car le plus important, c’est la qualité du temps qu’on passe avec les siens, pas la quantité”, résume la mère de famille devenue entrepreneure. 

Maintenant que la Française a obtenu sa certification “comprendre, diagnostiquer et traiter le burn out parental”, elle va être référencée sur un site professionnel. Cette nouvelle étape va dorénavant lui permettre d’organiser des événements privés entre le Royaume-Uni et la France. “Je suis membre du club Allbright (pour les femmes entrepreneures) à Londres. J’aimerais y organiser des réunions sur les sujets touchant à la maternité dans le cercle privé comme en entreprise”, commente Sabrina Kerchove-Miloud.

Elle vient aussi de lancer un podcast appelé “Je suis une mère parfaitement imparfaite parce que…”. Le premier épisode, tout juste mis en ligne, parle de son expérience, de Mummy Needs et de ce qu’elle veut apporter aux autres parents. Parce que la Française veut aussi toucher les pères de famille. “On évolue encore dans une société genrée avec cette idée que le besoin primaire des femmes se résume aux enfants, tandis que celui de l’homme aux biens matériels. Mon envie est montrer aujourd’hui comment on peut être dans le partage et mieux comprendre ce que l’on attend du couple moderne, tout en travaillant sur le burn out des papas, sujet encore plus tabou que celui des mamans”.