Marvin Keita vient former les Britanniques à l’art de la pâtisserie

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“Je veux exporter le savoir-faire français ici”, lâche Marvin Keita qui espère que ses formations rencontreront le même succès en Angleterre qu’en France. Là-bas, il offre ses services chaque année à une centaine d’entreprises et forme près de 200 stagiaires. Ce formateur en pâtisserie, qui entraîne actuellement un futur participant aux Mains d’Or 2021, a décidé de traverser la Manche pour proposer son concept de cours sur-mesure destinés aux écoles comme aux professionnels déjà installés. 

“Je forme des Français à la pâtisserie, donc je ne pense pas que cela sera si difficile de former des Britanniques”, résume le trentenaire. S’il croit dur comme fer à son projet d’installation en Angleterre, c’est qu’il connaît la valeur de ses talents de formateur, déjà bien reconnus en France. Pour preuve, il a aidé en 2011 un des finalistes de l’émission “Le meilleur pâtissier” diffusée sur M6 à ouvrir sa première boutique. “Il avait besoin de quelqu’un de qualifié pour l’accompagner, le temps qu’il obtienne son diplôme”, raconte Marvin Keita. 

A Londres ou encore à Brighton, ville où il aimerait dispenser la plupart de ses cours, le Haut-Savoyard de naissance, qui a rejoint depuis peu l’Association of Pastry Chefs UK, a déjà établi des premiers contacts grâce à une de ses amies, Emily. L’objectif serait que rapidement il puisse déjà réserver des créneaux pour des formations à destination d’entreprises, d’écoles de pâtisserie ou de cuisine ainsi que de particuliers qui seraient intéressés d’apprendre non seulement les dernières techniques, mais aussi à développer ou lancer leur affaire, en adaptant par exemple les produits à la population locale. 

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Cette passion pour la transmission il l’a héritée de son père, lui-même consultant en boulangerie. Mais Marvin Keita, qui décrochera son CAP pendant son service militaire, préférera le domaine de la pâtisserie. “Je trouve que c’est un domaine bien plus créatif que la boulangerie”, analyse le jeune homme, “j’avais envie de pouvoir exprimer des choses par les couleurs, les formes”. Irlande, Roumanie, Suisse, France… Le trentenaire a beaucoup voyagé et s’est formé auprès de grands chefs comme Martin Diez. “J’aime apprendre, car cela permet d’être toujours aux premières loges”, résume-t-il. Mais être pâtissier ne lui suffit pas. “Le problème c’est que je n’ai pas assez de mains pour faire tout ce que j’aimerais faire”. 

C’est à ce moment-là qu’il décide de devenir formateur. Après avoir travaillé pour des organismes spécialisés, il s’est mis à son compte. Le bouche-à-oreille lui permettra alors de décrocher de nombreux contrats en France. Il signe aussi, Ice Crime, où il compile de plus de 100 recettes de glaces et de sorbets. “C’est plus qu’un livre, j’y détaille aussi le coût de chaque produit selon le temps de préparation”. Un second ouvrage, Black Pearl, devrait être publié à l’automne et 50% des bénéfices seront, promet le formateur, reversés à une association. “Il fera 3.000 pages et s’adressera cette fois-ci davantage aux professionnels”, confie Marvin Keita, mais sans en dire davantage. 

Faire des allers-retours et gérer ses affaires entre la France et le Royaume-Uni ne lui fait pas peur. Tout comme la Covid-19 et le Brexit. “Ce ne sont pas de freins pour moi”, affirme le jeune homme, “c’est le jeu de l’entrepreneuriat. On doit prendre des risques. D’ailleurs, personne ne se lance dans les affaires en se disant que tout est gagné d’avance”. Confiant, Marvin Keita l’est, puisque, dit-il, il a quand même pris le temps de faire une étude de marché sur les besoins en formation de ce côté-ci de la Manche.