Le mouvement Génération Frexit s’inspire de Nigel Farage et de la campagne du Leave

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Charles-Henri Gallois, (à gauche), fondateur du mouvement Génération Frexit

Pour le lancement de son mouvement lundi 21 septembre, Charles-Henri Gallois avait invité Alexandra Lesley Phillips et Alice Grant. Ces deux Britanniques, ferventes militantes du Brexit, ont immédiatement accepté de soutenir le Français dans son combat : imposer, en France, dans le débat public l’idée d’un référendum sur le… Frexit. Le trentenaire, qui connaît bien Nigel Farage, a en effet fait de cette cause son cheval de bataille depuis plus de 8 ans. 

L’Union européenne, “un projet néfaste”

Avant de fonder Génération Frexit, Charles-Henri Gallois a d’abord rejoint en 2012 l’Union Populaire Républicaine, mouvement créé par François Asselineau. “C’était le seul parti politique qui proposait la sortie de la France de l’Union européenne”, justifie le Français. Car lui ne croit pas à l’idée européenne, au contraire il a toujours pensé que c’était “un projet néfaste”. “Cette musique de fond prétendant qu’elle serait formidable et l’unique forme d’avenir sonne faux”, lâche-t-il.

Au delà du rejet du projet politique qu’il juge présenter des “graves problèmes démocratiques, les décisions émanant toutes de Bruxelles”, il n’adhère pas non plus à l’euro. “J’ai toujours été sceptique”, confirme l’ancien étudiant en économie, “partager la même monnaie que l’Allemagne a été une démarche absurde, voire suicidaire”, car “cela s’est fait au détriment de la France”. La Grande-Bretagne est donc un exemple, puisque la grande île a su garder son indépendance monétaire malgré son entrée dans l’Union européenne dans les années 70. 

C’est donc ce combat qu’il a poursuit pendant 8 ans au sein de l’UPR, mais il a quitté il y a quelques mois le parti à cause des affaires d’accusation de harcèlement qui pesaient sur son président. “L’immense majorité des cadres sont partis car eux non plus ne voulaient pas cautionner tout cela”, précise Charles-Henri Gallois. Malgré ce départ, le jeune homme explique ne pas avoir voulu rendre les armes sur son combat anti-européen. C’est pourquoi le 14 juillet dernier, jour de fête nationale, le Français a lancé son mouvement, Génération Frexit.

Nigel Farage, son héros

Poussé par ce qui se passe de ce côté de la Manche et à moins de deux ans de la présidentielle, il a estimé que le moment était arrivé pour mettre en marche son projet : faire pression sur les futur.e.s candidat.e.s à l’élection élyséenne. “Je ne suis pas intéressé par me faire élire, je suis plus dans l’optique portée par Nigel Farage”. Le fondateur du Brexit Party est en effet un modèle pour lui. “Il s’est battu pendant 25 ans pour faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne, il n’a pas gagné une seule élection générale, mais il est parvenu au final à mettre la pression sur David Cameron”. 

Il ne manque pas de qualificatifs pour décrire son ‘mentor’ politique avec qui il était d’ailleurs le 31 janvier 2020 sur Parliament Square à Londres pour célébrer la sortie officielle du Royaume-Uni. “J’admire sa détermination, il a toujours fait les choses de manière désintéressée, la preuve en est quand il a remporté les dernières élections européennes, il en a fait un triomphe du Brexit Party et non pas personnel”. Charles-Henri Gallois considère même ce geste comme “héroïque” montant ainsi “le constant engagement de Nigel Farage pour cette cause qu’il a toujours défendue”. 

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Alexandra Lesley Phillips lors du lancement de Génération Frexit

Mieux, ajoute-t-il d’un point de vue politique, “il a su attirer dans son appel au référendum des gens de droite mais aussi de gauche”. C’est sur cette dynamique similaire que souhaite s’appuyer Génération Frexit, et le Français pense que l’effet est déjà en train de prendre. “On voit déjà arriver des gens de tous bords. On a déjà plus de 1.500 inscrits alors qu’on vient seulement de lancer le mouvement”.

Un discours qui gagne déjà du terrain ?

Autre source d’inspiration pour sa communication, Génération Frexit a aussi emprunté beaucoup de codes à la campagne du Leave de 2016. A commencer le slogan : “reprendre le contrôle”. Charles-Henri Gallois estime d’ailleurs que cette idée commence déjà à être bien implantée dans les esprits politiques. “Les thèses du protectionnisme national ont gagné du terrain ces dernières années, même Emmanuel Macron parle de souveraineté aujourd’hui”.

Cependant, Charles-Henri Gallois reconnaît que le chemin sera peut-être long et difficile pour convaincre les politiques et élus de mettre “au centre de la table” ce projet de référendum. Mais aussi faire basculer l’opinion publique. “Les Français n’ont pas encore vraiment conscience de toute l’influence concrète de l’Union européenne sur les lois”. Mais il croit dur comme fer qu’avec la crise sanitaire, les choses pourraient changer. “On a vu le micmac que cela a été sur la question des frontières, les pays européens ne parvenant pas à se mettre d’accord. Ou même sur l’approvisionnement alimentaire mais aussi sanitaire notamment sur la question des médicaments. La France a perdu beaucoup de sa souveraineté à cause des différents traités de libre-échange”. 

Reste à savoir si ce qui a marché au Royaume-Uni il y a quatre ans pourra être transposable en France, pays fondateur de l’Union européenne. Et si, à moins de deux ans de la présidentielle, les politiques et Français seront prêts à en débattre.