Le réseau social français Yubo s’implante à Londres

Benjamin Trigalou et Margaux Liquard viennent de prendre leurs fonctions u nouveau bureau de Londres. (Crédit : Yubo)

Alors que le Royaume-Uni est le deuxième marché de Yubo en termes d’utilisateurs, le réseau social français a ouvert de nouveaux bureaux à Londres au début du mois de septembre. Fort d’une importante demande de sociabilisation de la part de la “génération Z”, renforcée par la pandémie, l’entreprise se donne par-là les moyens de poursuivre sa croissance sur le sol britannique. 

3,5 millions d’utilisateurs britanniques

Pour le moment, nous avons employé deux nouvelles personnes à Londres, Benjamin Trigalou, précédemment en poste chez Wave, et Margaux Liquard, qui nous vient de Tripadvisor. Et ce n’est que le début”, explique Lucien Grandval, directeur des affaires publiques et de la communication au sein du groupe. Il est vrai que l’un des principaux projets de Yubo dans la capitale anglaise est d’augmenter ses effectifs, afin d’accompagner sa croissance à l’international. “Suite à une levée de fond en décembre 2019, on a pour projet de multiplier par 5 le nombre de nos collaborateurs. On est donc à la recherche de nouveaux talents pour faire partie de l’équipe”.

Ces nouveaux talents peuvent aussi bien être français que de n’importe quelle nationalité, la société étant à la recherche de profils internationaux. Cela s’explique par le fait que Yubo a notamment fait sa place dans les pays anglo-saxons, ses deux premiers marchés étant respectivement les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Sur un total de 35 millions de clients, 3.5 millions sont en effet britanniques, quand seulement 1.5 million sont français. “Nos utilisateurs provenant principalement de ces deux marchés, il devenait indispensable d’avoir une base dans ces pays-clés”, souligne le directeur des affaires publiques, alors qu’un autre bureau va également ouvrir ses portes aux Etats-Unis. 

“Une augmentation de 350% du temps passé sur les groupes de discussion” 

Le moment était aussi plus qu’opportun pour leur implantation à l’étranger. Le réseau social a en effet connu une explosion de son nombre d’utilisateurs depuis janvier 2020, 8.5 millions de nouvelles personnes s’étant inscrites sur l’application. “Les individus, et notamment les jeunes, ont eu besoin de se sociabiliser et de communiquer encore plus que d’ordinaire du fait de la pandémie. On a enregistré une augmentation de 350% de streamers et de temps passé sur les groupes de discussion depuis mars dernier”, confie Lucien Grandval.

Yubo est en effet un réseau social créé en 2015 et centré sur la génération Z, c’est-à-dire sur les jeunes de 13 à 25 ans. Il permet de créer des groupes de discussion d’environ cinq personnes, où les individus peuvent interagir à travers des vidéos, des chats, des jeux… Finalement, Yubo n’est autre qu’un outil de mises en relation entre des jeunes individus. 

Les jeunes dans le viseur

De plus, si l’application fonctionne aussi bien, c’est pour la simple et bonne raison que ses créateurs, trois Français se connaissant depuis les bancs de l’université, sont parvenus à identifier et à répondre à un besoin précis des jeunes. “Les fondateurs avaient constaté un comportement propre à la génération Z, qui partageait sur Instagram ou Facebook leur pseudo Snapchat dans le but de se faire de nouveaux amis. Ils se sont donc lancés dans la création d’un réseau qui soit réellement social”. Ce qui explique par ailleurs le fait que l’idée ait rapidement fait sa place sur les marchés anglo-saxons : en effet, à ses débuts, Yubo permettait avant tout de se faire des amis sur Snapchat. Naturellement, le nombre d’utilisateurs a donc augmenté dans les pays où l’application de partages de vidéos et photos avait une forte communauté, c’est-à-dire dans les pays anglo-saxons et les pays nordiques.

Lucien Grandval suppose que la raison grâce à laquelle Yubo a réussi à se faire une place parmi les géants de la Tech que sont Facebook, Instagram ou encore TikTok, est que son “modèle est vraiment à l’opposé de ce que propose les grosses plateformes. Notre réseau social est concentré sur les interactions réelles entre les utilisateurs beaucoup plus que sur les contenus. Par exemple, nous ne visons pas les influenceurs. L’usage en est donc totalement différent, et on répond là à un besoin auquel les autres réseaux sociaux ne répondaient pas.