Pont entre l’Angleterre et la France : les projets les plus fous

manche pont france angleterre
Pont entre Hong-Kong Zhuhai et Macao

Le ministre britannique des Affaires Etrangères, Boris Johnson, a fait une annonce des plus insolites jeudi 18 janvier, lors du premier déplacement du président de la République française pour le sommet franco-britannique. L’ancien maire de la capitale anglaise lui a en effet proposé de construire un pont entre la France et l’Angleterre.

Dans un tweet, Boris Johnson a ainsi expliqué : “(…) Notre succès économique dépend d’une bonne infrastructure et de bonnes connexions. Et si le tunnel sous la Manche n’était qu’une première étape ?”

Le ministre des Affaires étrangères a précisé sa pensée estimant qu’il était “ridicule” que deux des plus grandes économies du monde ne soient “reliées (que) par un seul chemin de fer”. Boris Johnson a ainsi émis l’idée d’un pont long de 35 kilomètres, reliant Douvres au Cap Gris-Nez. Un projet estimé à… 136 milliards d’euros !

Construire un pont entre la France et l’Angleterre est un vieux serpent de mer. Voici une liste des projets les plus fous.

Un pont ferroviaire
manche pont france angleterreEn 1891, le projet d’un pont ferroviaire culminant à 72 mètres au-dessus de la mer est envisagé. Il devait relier le cap Gris-Nez à Folkestone. Selon le site France Pittoresque, le pont projeté se serait détaché du cap Gris-Nez sur la côte française, pour arriver à Folkestone côté anglais. Afin de permettre le passage sous le pont aux plus grands navires, le niveau des voies ferrées portées par le pont aurait été à une hauteur de 72 mètres au-dessus des basses mers. C’est-à-dire à 4 mètres au-dessus des tours de Notre-Dame ou à 29 mètres au-dessus de la colonne Vendôme. La largeur du tablier du pont aurait été de 8 mètres et porté deux voies ferrées, l’une pour l’aller, l’autre pour le retour, ayant de largeur entre les deux rails. Mais devant le travail titanesque – le chantier aurait duré 12 ans et coûté 860 millions de francs- , l’idée a été très rapidement abandonnée.
Un pont routier
Près d’un siècle plus tard, en 1961, un nouveau projet est lancé : construire un pont, routier cette fois-ci. Il devait comprendre six voies de circulation, comme l’explique cette vidéo de l’INA, et sera abandonné trois ans plus tard:

Iles artificielles
En 1981, le projet du tunnel sous la Manche que l’on connaît est finalement sélectionné.
Mais saviez-vous qu’il était en concurrence avec trois autres dossiers ?
Tout d’abord, Europont, pont-tube de 37 kilomètres soutenu par 8 pylônes de 340 mètres de hauteur, faisant appel à des techniques nouvelles, avec des travées longues de 5 kilomètres suspendues à des câbles en kevlar. Le pont aurait eu deux niveaux de six voies chacun. La liaison ferroviaire se serait faite par un tunnel. Le coût était évalué à 68 milliards de francs.
projet pont manche
Projet Euroute

Autre projet, Euroroute, soit un ensemble routier pont-tunnel-pont. Les plans comprenaient des ponts à haubans avec des travées de 500 mètres de portée reliant des îles artificielles à la côte, ainsi qu’un tunnel de 21 kilomètres sous le fond de la mer. Une liaison ferroviaire indépendante serait passée par deux tunnels. Le coût était évalué à 54 milliards de francs hors frais financiers.

Et enfin, un double tunnel ferroviaire et une liaison routière par ponts et tunnel, raccordés par deux îles artificielles au milieu de la Manche. Appelé Transmanche Express, ce projet a été présenté à la dernière minute par la société British Ferries. Il comprenait un ensemble de quatre tunnels (deux routiers et deux ferroviaires) unidirectionnels. Deux îles artificielles auraient été créées pour assurer la ventilation des tunnels routiers via des puits. Le coût annoncé était de 30 milliards de francs.