Brexit : les débats commencent sur le marché unique

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Alors que la date de la reprise des négociations pour la deuxième phase du Brexit n’a pas encore été définie, les inquiétudes se font déjà entendre sur le sortie du royaume du marché unique. Ecoutez notre podcast sur le sujet…

https://soundcloud.com/frenchradiolondon/chronique-brexit-16-janvier-2018

Selon un rapport commandé par le gouvernement écossais, l’économie de ce pays risquerait de perdre jusqu’à 16 milliards de livres par an après sa sortie de l’Union Européenne. En revanche, ce rapport a révélé que si l’intégration du marché unique dans les industries numériques et les services s’intensifiait, rester dans l’Union Européenne pourrait alors entraîner une croissance de l’économie britannique de 2,4%.  

Nicola Sturgeon, Première Ministre écossaise, a déclaré que ces prévisions ont renforcé les arguments en faveur du maintien du marché unique au Royaume-Uni. Bien que son gouvernement eût préférer rester un membre à part entière de l’Union Européenne. De plus, la chef du gouvernement de l’Ecosse a ajouté que la plus grande opportunité pour empêcher un hard Brexit venait de la coalition des partis d’opposition et des conservateurs anti-Brexit. Ces derniers soutiennent aussi la poursuite de l’adhésion du Royaume-Uni au marché unique.

Par ailleurs, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a rencontré il y a quelques jours certains rebelles conservateurs contre le retrait du pays de l’Union. En effet, le Français serait désireux de s’engager directement avec les parlementaires britanniques, plutôt que de simplement collaborer avec les membres officiels du gouvernement. Cette rencontre a eu lieu alors que les députés pros-EU du parti Labour ont intensifié leurs efforts au cours des derniers jours pour que leur leader Jeremy Corbyn continue à promouvoir l’adhésion du Royaume-Uni au marché unique et à l’union douanière. De son côté, le leader du parti de gauche a insisté sur le fait que le pays ne puisse pas rester membre du marché unique s’il ne reste pas dans l’UE. 

Pas encore de date pour la reprise des négociations

Du côté des entreprises anglaises, les patrons ont appelé la secrétaire d’Etat à l’économie, Amber Rudd, à publier d’urgence une enquête sur la dépendance de la Grande-Bretagne à l’égard des travailleurs venant des pays de l’Union Européenne. Le rapport n’est normalement pas attendu avant septembre, et arriverait donc trop tard pour les entreprises qui essaient désespérément de planifier leur avenir après le Brexit.

Pour rappel, il n’y a pas encore de date fixée pour la reprise des négociations sur le Brexit à Bruxelles. Toutefois, les deux parties espèrent convenir des détails de la transition de la période de “mise en œuvre” avant mars de cette année, lorsque les discussions sur le futur cadre commercial devraient commencer. Selon les termes de l’Union Européenne, un accord de séparation devra être finalisé en octobre prochain, afin qu’il puisse être examiné et ratifié avant que le Royaume-Uni ne quitte définitivement le bloc en mars 2019. Un accord de libre-échange complet devra aussi être révélé.

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