“Petite tarte” revisite un grand classique de la cuisine française

petite tarte manon dupré
Manon Dupré a lancé "Petite tarte" le 9 avril.

Cela fait tout juste deux semaines que Manon Dupré s’est lancée dans son aventure de confection de tartes sucrées et salées, et elle ne regrette pas une seule seconde d’avoir sauté de le pas. Pourtant, la jeune femme de 27 ans, aujourd’hui à la tête de sa propre entreprise, “Petite tarte”, avait jusqu’ici une situation et un travail plutôt confortables à Londres, au sein d’une entreprise d’études de marché spécialisée dans “le food & drink”. .

Mais l’envie d’entreprendre, et notamment dans le monde de la cuisine, la titillait depuis bien trop longtemps. “Déjà à 13 ans, je voulais entrer dans un cursus hôtelier, mais j’ai préféré prendre une direction plus générale pour éviter de me fermer des portes”, raconte Manon Dupré. L’envie lui reprend à la fin du lycée, mais elle choisira la voie d’une école de commerce, où elle obtiendra un master, avant de s’installer à Londres en 2013.

Tous les chemins mènent à… la cuisine

La vie est ainsi faite : elle finira par rejoindre le monde de l’agro-alimentaire, quand elle devient salariée pour Procter & Gamble (Kantar), puis chez Mintel. Pour ce dernier poste, Manon Dupré travaille sur le marché de l’innovation et des comportements de consommation. Une excellente base pour réfléchir à un projet qui lui tient à coeur depuis des années : créer son entreprise. “En travaillant avec des petites comme des grandes entreprises sur de nouveaux concepts, j’ai découvert beaucoup de choses notamment sur les tendances de consommation, cela m’a fascinée”, observe la jeune femme originaire de Bretagne.

C’est là qu’elle mûrit son projet et décide que, si elle se lance, ce sera pour proposer du “mono-produit”. “Londres est vraiment un terrain propice pour ce genre d’offres, alors je me suis dit qu’il fallait que je surfe sur cette tendance”. Mais pour proposer quoi ? L’idée de faire des tartes, Manon Dupré est allée la chercher dans ses souvenirs d’enfance, quand sa mère lui en faisait autant de sucrées que de salées. “En plus, c’est un produit rapide à faire et bon à manger”.

Près d’un an de travail

A l’été 2017, elle commence alors à élaborer son projet. “J’adorais mon travail, j’avais connu une belle progression, mais le manque de créativité commençait à me titiller”. La jeune femme consulte les formations dispensées en France, avec pour objectif : apprendre à cuisiner au mieux son futur produit. Le hasard faisant très bien les choses, elle tombe sur une session proposée par l’école hôtelière Ferrandi à Paris : une semaine consacrée à la tarte. “J’ai pris ça comme un signe”, lance Manon Dupré.

Elle part donc à Paris en octobre dernier et y apprend diverses recettes. A son retour à Londres, elle enclenche la machine : création administrative de son entreprise, recherche de cuisines professionnelles, business plan, estimation des coûts… Tout en assurant son plein temps de salariée. “Quand j’ai posé ma démission, mes collègues ont tous été surpris, mais en même temps très curieux de mon projet”, se souvient la Française.

Petite tarteLundi 9 avril, elle lance enfin son entreprise, “Petite tarte”. Elle y propose des tartes salées et sucrées, “gourmandes et saines”, avec des versions végétariennes et sans gluten. “Londres est une ville muticulturelle, je ne m’adresse pas qu’au public français. C’est un peu difficile quand on lance une marque estampillée France, mais il était important pour moi de respecter les goûts de chacun”.

Elle revisite dans ses recettes les grands classiques “pour y apporter une touche de modernité”, comme sa tarte aux fraises avec une crème mascarpone et basilic ou encore sa tarte au citron façon Mojito. Finie aussi la tarte ronde, celle de Manon Dupré est ovale pour faciliter la dégustation. Elle avoue, que son précédent poste l’aide beaucoup pour s’adapter aux tendances du moment.

Si Manon Dupré rêve un jour d’avoir sa propre boutique, pour le moment elle est présente exclusivement sur les plateformes de livraisons, comme Deliveroo, UberEats, Quipup, Caterwings… “J’aimerais faire aussi quelques marchés, mais on verra au fil du temps. Ce qui est bien à Londres, c’est qu’en un an on peut savoir si cela marche ou pas. En attendant, chaque commande est une victoire”.