A Londres, “Crème de la Crème” veut devenir le leader du marché européen des freelancers

crème de la crème
Romain Abidonn, Théo Dorp et Jean-Charles Varlet, les co-fondateurs de Crème de la Crème.

Faciliter la mise en relation employeurs et freelancers, voilà la mission que s’est fixée l’entreprise française, Crème de la Crème, qui vient tout juste d’ouvrir un bureau à Londres après avoir conquis le marché français, avec plus de 5.000 clients, dont des sociétés cotées en bourse.

Crème de la crème a levé cette année 3 millions d’euros pour se développer en Angleterre. “On a travaillé six mois pour comprendre le marché britannique avant de se lancer en juin dernier”, confie David Odier, directeur chargé du développement international, “notre objectif est de devenir le leader sur le marché européen dans les cinq années à venir”.

Ambitieuse, l’entreprise française l’a toujours été, et ce, depuis sa création. Crème de la Crème a été créée en avril 2015. Au départ, deux étudiants de l’école de commerce ESSEC, Théo Dorp et Jean-Charles Varlet, qui se posent une simple question : pourquoi y a-t-il un tel fossé entre ceux qui finissent leurs études et les entreprises ? “De là est née l’idée de simplifier la mise en relation du monde professionnel avec la communauté de freelancers”, explique David Odier.

David Odier, chargé du développement international chez Crème de la Crème.

A l’époque, le concept fonctionnait sur un modèle simple : il suffisait pour les freelancers d’envoyer le mot “crème” via un texto à un numéro de téléphone dédié afin que la mise en relation soit faite. L’idée fait mouche et le succès arrive vite. “Les fondateurs ont senti qu’ils ne s’étaient pas trompés, qu’il y avait vraiment une demande, tant du côté des entreprises que des freelancers”, confie David Odier. Depuis, Crème de la crème a évolué et est devenue donc une plateforme digitale permettant aux entreprises de faire appel aux talents d’indépendants dans tous types d’expertise liée au digital : UX design, stratégie de communication, rédaction de contenu, nouvelle identité visuelle, développement d’une application mobile.

Le Royaume-Uni, un marché mature par sa flexibilité

Au bout de trois ans d’existence, plus de 5.000 clients internationaux ont fait confiance à la start-up française. “La plupart sont issus du CAC 40”, précise David Odier. Parmi eux, L’Oreal, LinkedIn, Airbnb, ou encore Decathlon. Se lancer au Royaume-Uni a été une décision mûrement réfléchie. “Ce n’était pas pour être dans la tendance, mais parce qu’ici il y a un vrai potentiel, une demande liée à l’activité. Le marché britannique était mature pour nous”, confie le chargé du développement international.

Mature, car le marché du travail y est flexible depuis de nombreuses années. “L’objectif de la Crème de la Crème est justement d’évangéliser le marché du freelance. Beaucoup de personnes font le choix d’être indépendantes, pour elles c’est un épanouissement. En plus, cela peut être intéressant de travailler pour différents clients depuis n’importe où dans le monde. Cela permet d’ouvrir des champs de possibilités professionnelles pour ces freelancers”, argumente David Odier.

Une double sélection

La qualité des profils prime pour l’entreprise française, qui a mis en place une double sélection : d’abord grâce à une équipe qui choisit “avec soin” les profils de candidats et ensuite via un algorithme qui parvient à mettre en relation les bons freelancers avec les entreprises en demande.

Indépendants et employeurs peuvent ensuite communiquer via une messagerie interne. “On facilite tout”, assure le chargé du développement international, “par exemple, la facturation se fait directement en ligne”. Une aubaine pour les freelancers, qui n’ont plus besoin de gérer l’administratif, “ou encore mieux de trouver des clients”. Crème de la Crème se rémunère alors sur un pourcentage de la facture de l’indépendant.

L’entreprise française espère donc que le succès sera aussi au rendez-vous à Londres. Mais avec déjà plus de 3.000 freelancers et 500 entreprises britanniques qui ont déjà rejoint la communauté de la Crème de la Crème, c’est plutôt bien parti.