Brexit : le Royaume-Uni se prépare à un non-deal lourd de conséquences

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Pour la première fois depuis le début des négociations amorcées avec l’Union européenne, le gouvernement britannique vient clairement parler de la probabilité de ne déboucher sur aucun accord dans le cadre du Brexit. En effet, jeudi 23 août, le ministre en charge de la question, Dominic Raab, a présenté un premier plan de 25 points (le rapport global comporte 84 points, mais ne sera totalement dévoilé que dans quelques semaines, NDLR) sur les changements à prévoir en cas de non-deal.

Les nouvelles ne sont pas bonnes pour toutes les parties de l’économie britannique, selon le scénario d’une sortie du pays sans accord. Les Unes des médias britanniques de la journée du 23 août ont d’ailleurs tous titré sur le sujet après la conférence de presse donnée par le ministre du Brexit dans la matinée.

Des Unes alarmantes

Le quotidien The Guardian alertait ainsi sur le fait que “les Britanniques installés en Europe pourraient perdre l’accès à leur compte bancaire au Royaume-Uni”. Le journal conservateur The Telegraph expliquait pour sa part que “les acheteurs en ligne et les vacanciers seront confrontés à des frais de carte de crédit plus élevés”.

Pour The Independent, qui reprend les propos du gouvernement, “un non-deal pourrait obliger les utilisateurs britanniques de cartes de crédit à payer 166 millions de livres de taxes sur le Brexit”. Le Huffington Post UK a de son côté titré : “Réserver un Airbnb pourrait vous coûter plus cher après la sortie du Royaume-Uni de l’UE”. “Les sociétés basées dans l’Union Européenne, telles qu’Airbnb et Ryanair – toutes deux basées en Irlande – ne seraient plus liées par des règles limitant ce qu’elles peuvent facturer aux clients britanniques qui paient en carte bancaire”, écrit le journal en ligne.

Le tabloïd The Daily Mail, qui a milité pour sortir de l’Union européenne, a lui pris tout le monde à contre-pied en publiant un article sur le fait que le Brexit n’aurait aucun impact sur les voyageurs venant d’Europe et les Britanniques souhaitant traverser les pays européens. Pour expliquer cela, le journal a fait appel à un expert, Dave Ashton, patron de la plateforme de réservation de trains Loco2. “Toute agitation au sujet du Brexit entraînant des voyages perturbés pour les Britanniques n’est que de la peur. Il ne sert à rien de deviner ce qui pourrait arriver quand tout est en suspend – concentrons-nous sur les choses qui resteront les mêmes (ou à peu près les mêmes) et restons optimistes quant à nos futures vacances en 2019”, a analysé le PDG.  

Des conséquences des deux côtés de la Manche

Dans le document dévoilé, plusieurs points sont à prendre en compte car très impactant dans la vie quotidienne des Britanniques (ceux vivant dans le pays mais aussi ceux expatriés au sein de l’Union européenne) ainsi que des citoyens résidant au Royaume-Uni, comme par exemple le fait que tous les nouveaux médicaments devraient avoir une double licence, une provenant du Royaume-Uni et l’autre d’Europe. Pour les entreprises pharmaceutiques, cela impliquerait une quantité énorme de paperasse, certaines d’entre elles pourraient ainsi décider de ne plus vendre sur le marché britannique, marché devenu beaucoup trop petit pour elles.

Par ailleurs, selon The Guardian, “les générations futures perdraient la possibilité d’étudier à l’étranger et les universités perdraient l’accès à des milliards de dollars en recherche. Le Royaume-Uni abandonnerait le programme Erasmus qui offre la possibilité aux étudiants européens et britanniques de vivre, d’étudier et de travailler à l’étranger”.

Autre conséquence, la suppression d’une interdiction de l’UE concernant les surtaxes sur les cartes de crédit et de débit devrait “augmenter” le coût des achats, et ce, même en ligne. Pire encore, les citoyens britanniques vivant en Europe risqueraient de perdre l’accès à leurs retraites et à d’autres services financiers. Cela pourrait signifier de même pour les ressortissants européens vivant en Grande-Bretagne.