Pourquoi les Britanniques portent-ils des “poppies” en novembre ?

Poppies novembre question bête
La reine Elisabeth II se baladant à travers le champ de coquelicots dressé à Londres en 2014. Crédit : DR

Avez-vous déjà remarqué qu’en novembre, les Britanniques affichent fièrement une broche en forme de coquelicot ? Appelés poppies, ces attaches sont souvent vendues à la sortie des stations de métro, dans des magasins ou sont même proposées sur les lieux de travail. Mais pourquoi sont-ils si symboliques au Royaume-Uni ?

Origine

Si les poppies s’affichent un peu partout, c’est pour commémorer la Première guerre mondiale. Cette broche se porte au moins jusqu’à la fin du Remembrance Day – célébré le premier dimanche qui suit le 11 novembre. Loin d’être juste une jolie fleur choisie au hasard, ces poppies sont devenues au cours du temps un véritable symbole de souvenir et d’espoirs pour les vétérans et les familles des disparus.

En effet, à l’époque de la Grande guerre, les coquelicots étaient très fréquents sur les champs de bataille – spécialement sur le front occidental. A tel point qu’ils ont vite trouvés leurs places dans les récits et les souvenirs que les soldats rapportaient à leur retour. Le premier à évoquer l’image de ces poppies fut le lieutenant-colonel canadien John McCrae dans son poème, In Flanders Fields (Au champ d’honneur, ndlr), rédigé alors qu’il se trouvait lui-même sur le terrain. Publié pour la première fois le 8 décembre 1915 dans le magazine britannique Punch, le poème gagne vite en popularité et est notamment utilisé pour la propagande et pour lever des fonds telles que les obligations de guerre.

C’est en 1918, lorsque l’humanitaire américaine Moina Michael s’empare du poème et en rédige un à son tour – notamment pour défendre que “maintenant, la flamme et les coquelicots rouges, nous les portons en l’honneur de nos morts…” – que la campagne pour le port des poppies à la mémoire des disparus de guerre commença. L’Américaine fut la première à plaider cette cause, devenue depuis 1921 une tradition en Grande-Bretagne et dans certains pays du Commonwealth.

Des fonds pour les vétérans et leurs familles

A l’époque, les fonds recueillis étaient redistribués à des orphelins de guerre mais après le succès de cette première vente, la Légion Britannique a copié l’idée et lancé sa propre vente de poppies aux profits des familles des soldats morts et des vétérans. Pour ce faire, elle a créé sa propre usine de fabrications qui emploie exclusivement d’anciens combattants handicapés.

Même si la vente de ces poppies au profit de la Légion Britannique reste la plus importante – 44.527 millions de livres ont par exemple été récoltés pendant la campagne de 2015 -, d’autres associations proposent dorénavant leurs propres modèles de la fleur, déclinés sur d’autres couleurs, les fonds étant reversés par la suite à des causes différentes mais toujours en lien étroit avec les disparus de guerre. Le “poppy” blanc par exemple est synonyme de paix “sans violence” et le “poppy” violet se porte en mémoire des animaux tués aux cours de la guerre.

Les poppies sont très faciles à trouver. Vendeurs de rues, charity shops, partenariats avec les entreprises et les commerces de proximité… ils sont partout et coûtent £1 seulement (mais il est possible de donner plus). Ils sont également retrouvables très facilement sur internet pour un montant généralement un peu plus élevé. Comptez £2.99 minimum pour le modèle “classique” de la Légion Britannique par exemple.