Pourquoi est-ce qu’il y a autant de charity shops au Royaume-Uni ?

Charity shops
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Oxfam, Octavia Foundation, Cancer Research… Les charity shops sont très présents dans la capitale anglaise. Aujourd’hui, on ne compte pas moins de 11.200 magasins au Royaume-Uni dont environ 9 296 en Angleterre, selon les chiffres de Charity Retail Association. Vêtements, accessoires, objets du quotidien… Ce sont de vraies cavernes d’Ali Baba pour les clients et une ressource importante d’argent pour les organisations caritatives. Mais pourquoi y en a-t-il autant ?

Origine

L’idée est apparue au 19ème siècle avec l’Armée du Salut, mouvement protestant international. Pour la première fois, l’association a décidé de récupérer des vêtements de “seconde main” afin de les redistribuer aux plus pauvres. Un concept qui est alors repris par la Croix-Rouge au début de la Seconde guerre mondiale. Mais ce n’est qu’à la fin des conflits que les charity shops – comme on les connaît aujourd’hui – ont émergé.

En effet, c’est en 1947 que le premier d’entre eux a été ouvert par Oxfam, confédération internationale de 19 organisations qui travaillent ensemble pour lutter contre la pauvreté dans plus de 90 pays. Pour remédier à la situation d’après-guerre en Grèce et aider les plus démunis, l’association a fait un appel aux dons. Elle s’est retrouvée tellement submergée par le montant d’affaires récoltées – principalement des couvertures et des vêtements – qu’elle a décidé de créer un magasin à Oxford (toujours opérationnel aujourd’hui, ndlr) afin d’en vendre une partie et d’utiliser les bénéfices pour financer davantage l’aide à la population grecque.

Les charity shops ont pignon sur rue à Londres

Le Royaume-Uni est un pays où la culture de l’entraide est très forte. En plus d’un grand nombre de charity shops dans les rues, les habitants sont ainsi poussés à à contribuer à des actions de solidarité toute l’année, notamment en participant à des événements caritatifs via le travail ou les associations. Ainsi, ici, donner ses affaires une fois que l’on ne s’en sert plus est rentré dans les habitudes des habitants. De même que, faire un tour dans ces boutiques pour dénicher des produits – la plupart du temps à prix bas – fait amplement partie du quotidien des gens. Ainsi, plus de 90% des objets que l’on trouve dans les charity shops proviennent de dons, indique Charity Retail Association et seul 6% des ventes représentent de nouveaux produits. Dans tous les cas, pour conserver son étiquette de “commerce à but non lucratif”, les établissements doivent vendre uniquement ou principalement des biens donnés.

Une chose en entraînant une autre, il a fallu de plus en plus de commerces pour récolter les dons… et réciproquement de plus en plus d’associations ont été créées. Recherche médicale, aide humanitaire, initiative pour l’environnement… toutes ces grandes causes sont soutenues par les magasins caritatifs. Pour Oxfam par exemple, “un chiffre d’affaires de £90.9 millions a été réalisé sur l’année 2016/2017, ce qui représente 22% des revenus total de l’association”, explique l’organisation. D’après Charity Retail Association, chaque année au Royaume-Uni, l’ensemble des charity shops collectent plus de £270 millions.

Caverne d’Ali Baba

Vêtements, accessoires, livres, objets en tout genre… On y trouve de tout ! Et c’est sans aucun doute l’une des raisons principales qui poussent les consommateurs à se rendre dans ces lieux. En effet, même si beaucoup de clients viennent pour “soutenir les activités des organismes de bienfaisance”, explique Charity Retail Association, d’autres profitent “des prix attractifs, pour la plupart du temps inférieur à ceux du marché, des avantages environnementaux avec la réutilisation de produits ou cherchent à dénicher des perles rares rétro et vintages”.  

Malgré l’indépendance de ces magasins vis-à-vis du gouvernement, des avantages fiscaux sont mis en place pour qu’ils puissent se développer plus facilement. Exonération de l’impôt sur les sociétés, taux de TVA à 0%, allégement obligatoire de 80% du taux de taxe non domestique sur les taxes foncières… autant d’avantages qui peuvent aider compte tenu du prix des baux commerciaux à Londres en particulier… “Le fait d’être un charity shop ne nous donne pas accès à des réductions de loyer”, précise tout de même Oxfam qui possède 630 magasins au Royaume-Uni.