Non à l’accord négocié et non à une sortie sans accord : le Brexit s’enlise et agace

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Crédit : Flickr / UK Parliament

Les députés britanniques se sont retirés à 7pm de la Chambre des Communes pour aller voter pour ou contre une sortie de l’Union européenne sans accord. Ils ont dit “non” avec “une majorité claire”, a reconnu Theresa May. Les parlementaires devront maintenant se prononcer sur un éventuel report du Brexit. Ce troisième vote aura lieu jeudi 14 mars.

Deux jours que le Royaume-Uni tient le monde en haleine. Sortira ? Sortira pas ? Avec ou sans accord ? Le 29 mars ou plus tard ? Que veulent vraiment les députés britanniques ? Personne ne le sait vraiment et encore moins après les deux premières journées de vote qui se sont déroulés à la Chambre des Communes entre mardi 12 et mercredi 13 mars.

Le premier jour, les parlementaires ont clairement infligé une claque à la Première ministre en refusant en bloc son accord négocié avec l’Union européenne en novembre dernier, et renégocié in extremis lundi 11 mars avec les représentants de l’UE, laissant un peu plus de souplesse sur le fameux “filet de sécurité” entre les deux Irlandes. Mais voilà que le lendemain, mercredi 13 mars, les élus ont dit non à une sortie sans accord. Alors pour résumer : ils n’aiment pas l’accord mais ne veulent pas partir de l’Europe sans accord. Bon, voilà qui complique la chose, comme l’a rappelé la Première ministre. “Aujourd’hui, la Chambre a clairement dégagé une majorité contre le départ sans accord, mais je vais répéter ce que j’ai déjà dit”, s’est-elle agacée, “la législation par défaut des législations européenne et britannique fera que le Royaume-Uni partira sans accord, à moins que quelque chose d’autre ne soit convenu. Il incombe maintenant à chacun d’entre nous d’en définir les lignes. Mais Les options qui nous sont proposées restent celles qu’elles ont toujours été.”

Dernier round ?

Le suspense n’est donc pas terminé. Une motion du gouvernement sera présentée jeudi 14 mars, avant le vote prévu sur une éventuelle extension de l’Article 50 qui repousserait ainsi la date de sortie officielle du Royaume-Uni. Ainsi, la Première ministre propose de reporter au mercredi 20 mars un nouveau scrutin pour que les députés acceptent l’accord négocié. Comprendre là, “prenez bien le temps de réfléchir à ce que vous allez faire”. S’ils finissaient par dire oui, alors le gouvernement demandera une prolongation jusqu’au 30 juin, histoire de régler les derniers points techniques. Mais si l’accord était à nouveau rejeté, alors une extension plus longue serait demandée auprès de l’UE, ce qui obligerait le pays à participer aux élections européennes, qui se tiennent dimanche 26 mai. Sacrebleu! 

Mais c’est sans oublier un détail des plus importants : l’UE peut refuser ces deux options d’extension, l’unanimité des 27 étant de toute façon requise pour accéder à la demande britannique. D’autant plus que la France avait déjà émis des conditions sur une telle éventualité.  

A l’issue de cette journée, les observateurs et les élus (certains ministres ont même démissionné dans la foulée des votes, ndlr), Remainers comme Brexiters, ont clairement montré leur désarroi et leur fatigue face à cette impasse. Du côté de l’Union européenne, l’agacement était à son comble.“Nous prenons note des votes à la Chambre des communes ce soir”, a déclaré un porte-parole de la Commission européenne, avant d’ajouter, “il n’ya que deux façons de quitter l’UE : avec ou sans accord. L’UE est préparée pour faire face à ces deux cas de figure. Pour exclure une sortie sans accord, il ne suffit pas de voter dans ce sens, il faut se mettre d’accord sur un accord. Nous en avons convenu un avec la Première ministre et l’UE est prête à le signer”.