En plein Brexit, Eurostar fête ses 25 ans et ses 190 millions de voyageurs

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Le 6 mai 1994, l’Eurotunnel était officiellement inauguré à Calais, en présence de François Mitterand et de la reine Elizabeth II, le premier ayant fait le voyage en Eurostar depuis Paris et la souveraine depuis Londres.

C’est en 1986 que l’idée de construire un tunnel ferroviaire offrant une liaison transcanal entre la Grande-Bretagne et la France est née, bien qu’une précédente tentative eût été lancée en 1974, mais elle avait été rapidement abandonnée. La construction de l’Eurotunnel a donc commencé sur une nouvelle base en 1988, dont les travaux se sont achevés en 1993.

Le 14 novembre 1994, les services Eurostar ont été mis en service entre la gare de Waterloo International à Londres (avant un transfert en novembre 2007 à St Pancras International), la gare du Nord à Paris et la gare de Bruxelles-Sud à Bruxelles. Il faudra attendre six mois pour que le service Eurostar soit quotidien.

Aujourd’hui, la liaison ferroviaire dessert de nombreux destinations outre Paris et Bruxelles, désormais Eurostar se rend jusqu’à Lille, Calais, Disneyland Resort Paris, Avignon, dans les Alpes françaises, les Alpes Suisses et Genève. Plus de 190 millions de voyageurs ont utilisé le service depuis le lancement du service en 1994, explique la compagnie. Mieux encore, et malgré les grèves de la SNCF en 2018 (on ne sait pas encore si celles de douaniers français en mars dernier auront un impact sur les chiffres 2019, ndlr), Eurostar a transporté “11 millions de voyageurs en 2018, soit une hausse de 7 % par rapport à l’année 2017 et un nombre record de voyageurs sur une année (2018 : 11 millions ; 2017 : 10,3 millions)”, détaille l’entreprise qui se porte bien avec un résultat d’exploitation prévisionnel de 96.6 millions de livres en 2018.

Le Brexit, l’épée de Damoclès

“Au cours des 25 dernières années, Eurostar a transformé l’expérience de voyage transmanche et renforcé les relations entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale”, explique Mike Cooper, CEO d’Eurostar. Pourtant le Brexit a failli mettre en péril le fonctionnement de l’entreprise. Alors qu’en février dernier, la Commission européenne avait seulement accordé un sursis de trois mois à Eurostar en cas de non-deal sur le Brexit, le ministère français de la Transition écologique et solidaire vient d’octroyer à la compagnie ferroviaire une licence qui lui permettra de circuler en France même dans l’hypothèse d’une sortie du Royaume-Uni sans accord.

Dans l’arrêté pris par la France et publié dans le Journal Officiel jeudi 21 mars, il est en effet précisé qu’“il est délivré à la société Eurostar France SAS une licence d’entreprise ferroviaire valable pour effectuer des services de transport de voyageurs”. La compagnie avait interpellé l’état français après l’annonce du sursis des 3 mois. Jusque-là Eurostar ne détenait qu’une licence britannique, ce qui l’aurait donc empêché de faire circuler ses trains normalement sur les voies ferrées européennes en cas de hard Brexit. Cependant, cet arrêté français “n’ouvre pas droit à l’accès aux infrastructures ferroviaires régies par la réglementation applicable à chaque pays de l’Union européenne”.

La grande fête prévue en novembre prochain ne devrait donc pas être gâchée, à moins que  d’ici la sortie fixée dorénavant au 31 octobre – au plus tard – il n’y ait d’autres rebondissements.