Pour Franck Jéhanne, la photographie est un travail d’orfèvre

Franck Jéhanne - Co-fondateur du studio photo Kalory
Franck Jéhanne

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Site internet : Studio Kalory

Depuis début août, les événements se bousculent au sein du studio Kalory, co-fondé par un Français installé à Londres depuis 15 ans, qui vient de recevoir le prix du Best product photo studio 2019, décerné par le UK Entreprise Awards.

Franck Jéhanne, entrepreneur proactif, s’en réjouit encore, même s’il a failli passer à côté. “L’annonce du prix était dans les spams de ma boîte mail”, rit-il. Cette récompense est le fruit d’une collaboration à succès depuis maintenant huit ans. “On fait toujours un travail d’équipe, ce prix a donc été une super motivation pour tout le monde”. Car, contrairement aux idées reçues, la photo professionnelle nécessite plusieurs compétences. Il faut tout d’abord gérer la relation avec le client pour comprendre ses besoins et bien souvent l’orienter. “On doit vraiment les pousser en amont à définir ce qu’ils veulent”. Et pour cela, Franck Jéhanne a sa technique. “On demande aux clients de faire un ‘mood board’ pour vraiment cerner ce qui leur plaît et ce qui ne leur plaît pas”. Ensuite, il faut scénariser et mettre en scène l’objet à “shooter”, et autant dire que le défi est bien différent quand il s’agit d’un bijou de luxe ou de la vitrine d’une grande enseigne. C’est à ce stade qu’entre en scène le photographe, également partenaire de Franck Jéhanne. Reste alors toute la post-production, préalable à la diffusion.

Bracelet photographié par le studio Kalory - Franck Jéhanne
Crédit: Studio Kalory

Du luxe à la photo, il n’y a qu’un pas

“Ce prix nous a ouvert de nouvelles perspectives et permis de nous diversifier”, confie Franck Jéhanne qui a vu depuis arriver de nouveaux clients. Parmi ces derniers, quelques “grosses marques” et des besoins différents des horlogers et des joailliers, qui constituent habituellement le gros du marché du studio Kalory. L’atout de ces artisans de l’image ? Une technique maison, inventée par Franck Jéhanne pour photographier tous les objets qui ont un reflet. “J’ai identifié le besoin vers 2011, pour les boutiques installées sur Bond Street. J’ai remarqué qu’elles avaient mis des photos de leur vitrine sur leur site internet, mais il y avait plein de reflets et parfois même on apercevait le photographe avec son trépied”. C’est à force d’essais au doigt mouillé que l’équipe réussit finalement à supprimer les reflets, et de fait à se singulariser.

Vitrine photographiée par le studio Kalory - Franck Jéhanne
Crédit: Studio Kalory

A l’origine, rien ne prédestinait Franck Jéhanne à se lancer dans la photographie. Après avoir étudié à Science Po Rennes, il s’expatrie aux États-Unis puis, au détour d’un stage en ambassade, il se constitue un réseau et devient commercial chez Cartier. En 2007, il devient responsable du Royaume-Uni et de l’Irlande auprès d’une marque horlogère Suisse faisant également partie du groupe Richemont. Puis, c’est au cours d’un voyage en Inde en 2011 que Franck Jéhanne et son partenaire, photographe de profession, décident de monter ensemble une entreprise (le studio Kalory) qui s’avère rapidement fructueuse. “Ça s’est fait sur un coup de tête”, lâche-t-il.

Il en est de même en 2016, quant au détour d’une balade pluvieuse sur les bords de la Tamise, l’entrepreneur trouve le nom qui lui convient pour une vague idée de business alors en sommeil. Heating & Plumbing, lit-il, sur une camionnette. Ce nom sera celui d’un site internet vendant des accessoires branchés et plutôt haut de gamme. Pour s’essayer à cette nouvelle activité, il installe un stand au Christmas market à St Paul’s et… “en une journée on avait atteint l’équilibre financier”.

Ses nouveaux projets : le social media

Bien au jour des nouvelles pratiques de communication et de marketing, le tournant à venir chez Kalory concernera encore un peu plus le web. “On a de plus en plus de nos clients qui nous demandent de gérer leurs comptes sur les réseaux sociaux”. Tout l’enjeu consiste donc à comprendre le fonctionnement algorithmique de ces géants d’internet ainsi que leur public pour proposer des photos en adéquation. “On ne fait pas les mêmes photos selon les réseaux sociaux. Sur Instagram, on a généralement un public plus jeune et on va miser sur des visuels très colorés. Sur Facebook, les usages sont différents car on accède souvent au site internet de la marque en cliquant sur la photo”.

Mais qu’est-ce qui lui plaît tant dans le commerce et la photo ? “Il y a un lien entre les deux business : il faut créer un imaginaire”. Chez Franck Jéhanne, cet imaginaire semble d’ailleurs intarissable. “On a deux autres idées d’entreprises, mais là il faut absolument qu’on se recentre”. 

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Site internet : Studio Kalory