Tapissier et fan de skate, Damien Jaffré crée un tabouret design

Fatbench est une marque de tabourets faits à partir d'un skateboard, lancée par un Français à Shoreditch.
Damien Jaffré a créé un banc design fait avec un skateboard

Installé à Londres depuis 3 ans, Damien Jaffré, originaire de Paris, a lancé sa marque de tabourets faits à partir de skateboards en 2017. Son nom : Fatbench. Ils sont fabriqués à la main dans un atelier à Shoreditch. Il cherche aujourd’hui à développer son business avec des partenariats dans des magasins de sports notamment.

Damien Jaffré travaille dans la tapisserie, il a appris le métier à Paris en apprentissage. Depuis tout petit, il baigne dans ce domaine. “Mon père était tapissier, je le voyais faire. Au début, c’était la solution de facilité de suivre sa voie mais ça m’a beaucoup plu. C’est un travail très divers, on apprend tous les jours. C’est toujours une satisfaction de passer d’une pièce ‘pourrie’ à un beau meuble”, confie-t-il.

Le trentenaire a la bougeotte et ne reste jamais plus de deux ans dans la même entreprise. Après 10 ans à Paris, il décide de quitter la France en 2017. “J’avais fait le tour de la ville. Je voulais apprendre l’anglais et j’aime voyager.” Il décroche alors un poste dans un atelier à Shoreditch où il redonne vie aux meubles que les clients lui amènent. “J’ai trouvé ce job par hasard, mais j’adore le quartier, il bouge beaucoup. L’esprit est jeune, les gens aiment la nouveauté et ce qui sort de l’ordinaire.” Le lieu idéal pour exposer sa création.

Un premier essai plus proche de la planche à repasser

Outre la tapisserie, Damien Jaffré cultive une autre obsession : le skate. Depuis son plus jeune âge, il ride dans les skateparks et sur le bitume. Une passion qu’il a voulu relier à son métier en créant un banc réalisé à partir de ces fameuses “planches à roulettes”. “Chez moi, j’avais des skates au mur qui servaient d’étagères. J’ai alors voulu créer un autre meuble dans ce style, mais mon premier prototype ressemblait plus à une planche à repasser”, se souvient-il.

Il laisse de côté ce projet et une fois dans son atelier à Shoreditch, il rencontre une collègue tapissière qui lui donne envie de donner une nouvelle chance à son meuble. “Linda m’a aidé car elle aussi fait ses propres objets de décoration. J’ai donc relancé mon idée du Fatbench ici. Elle m’a montré des pieds en aiguille (les socles tenant la planche, ndlr) qui seraient parfaits pour le banc. Le nouveau prototype était déjà opérationnel mais j’ai mis une journée à le faire avec le parementage (tapisserie faite à l’aiguille, ndlr), un savoir-faire que j’ai appris en école.” Aujourd’hui, sa technique est bien rodée, il ne met plus que trois heures trente pour réaliser un banc.

195 livres pour un travail fait à la main

Ce meuble connaît un succès relatif avec trois ventes par mois pour le jeune créateur. “Je ne peux pas lâcher mon métier de tapissier pour me consacrer seulement à Fatbench. Mais la boutique à Londres attire les curieux, beaucoup de ventes se font sur un coup de cœur. Les gens veulent ramener un objet design fabriqué ici et à ma plus grande surprise, ce ne sont pas que les fans de skate qui achètent. Les clients veulent avant tout un bel objet pour meubler leur couloir.” Un magasin revend aussi ses créations à Paris et une boutique en ligne permet d’exporter ces bancs originaux, parfois même faits sur-mesure. Le prix d’un Fatbench est de £195 minimum. “Ce n’est pas donné, c’est sûr, mais c’est le coût de bons matériaux et d’un travail fait main”, explique Damien Jaffré.

Pour développer sa marque, Damien Jaffré va contacter d’ici quelques semaines des grandes enseignes pour faire des bancs personnalisés, comme dans des magasins d’articles de sport type Nike et Vans. Il espère aussi partir travailler aux Etats-Unis pour développer son savoir-faire dans la tapisserie et si possible y installer sa marque.