Covid-19 : j’ai passé un test d’immunité à Londres

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Ai-je été exposée au virus ? Ai-je été contaminée ? Comme la plupart d’entre vous, je me suis posée la question. Alors que le Royaume-Uni commence très progressivement à se déconfiner, on a tous envie de savoir si on a échappé – en tout cas jusqu’à présent – à ce coronavirus venu chambouler nos vies en mars dernier. Pour avoir une réponse à cette question, il existe une solution : le test sérologique. Effectué par prise de sang, il détermine si notre corps a fabriqué ou non des anticorps spécifiques à la Covid-19. 

Le gouvernement propose ce genre de test mais donne priorité, et c’est normal, au personnel du NHS et des maisons de retraite. En attendant que cela soit proposé au grand public, on peut s’adresser à des établissements médicaux privés qui sont de plus en plus nombreux, et parmi eux des cabinets français, à offrir la possibilité de se faire tester. Les prix peuvent aller de £100 à £300. Pour ma part, je me suis rendue au cabinet du docteur Philippe Hamida-Pisal, qui facture la procédure à £150. Ce médecin, spécialisé dans la chirurgie du bien-être, a décidé depuis quelques semaines de proposer des tests Covid-19 et sérologiques après une demande croissante de la part de ses patients. 

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Une procédure rapide

Son cabinet, qu’il partage avec d’autres professionnels de la médecine, est situé sur Harley Street, dans le quartier de Marylebone à Londres. Pour y entrer, le masque est obligatoire. Dès mon arrivée, je ne croise pas d’autres patients. La règle est stricte : le docteur ne reçoit qu’une personne à la fois à une heure d’intervalle pour laisser le temps de désinfecter et d’aérer l’espace. Assise dans la petite salle d’attente, je dois remplir une fiche pour renseigner le médecin sur mes éventuels antécédents et traitements médicaux. 

Quelques minutes plus tard, le docteur Philippe Hamida-Pisal m’installe sur une chaise pour effectuer la prise de sang. La procédure est rapide. Une fois remplie, la petite fiole est étiquetée à mon nom et emballée pour être expédiée dans la journée au laboratoire d’analyses, qui devra déterminer si mon corps a produit des IGG dont la présence prouvera ainsi que j’ai contracté sur ces dernières semaines le virus. “Vous aurez les résultats d’ici demain”, m’explique alors le médecin. L’attente n’est pas longue en soi, mais déjà on se pose des questions en quittant les lieux. 

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Comment vais-je réagir si les résultats sont positifs ? Quand aurais-je été contaminée ? Certes, j’ai bien respecté le confinement entre mi-mars et fin mai, en ne sortant que pour aller faire des courses. A ce détail près, je n’ai pas porté à chaque fois mon masque en tissu, notamment quand il était question d’une course rapide au supermarché. J’ai aussi, dès que le gouvernement nous l’a autorisé, revu des amis, en maintenant autant que cela fut possible la distanciation sociale.

Résultats donnés par texto

Autre élément important, je vis en colocation, avec sept autres personnes, dont au moins trois ont présenté des symptômes en mars. De plus, certaines d’entre elles ont continué et continuent à se rendre au travail, empruntant ainsi les transports en commun. D’autres ont fait venir des personnes extérieures à la maison durant le confinement. La forte probabilité d’avoir été exposée au virus est donc évidente à mes yeux. Je ne serai donc pas surprise si j’ai été contaminée. Je ne me suis pas sentie, en revanche, malade, à part ces derniers jours avec des symptômes plutôt légers : sensation de fébrilité, nez pris, fatigue. Des allergies printanières ? Peut-être. Un petit rhume dû aux variations de températures de ces derniers jours ? Possible. En tout cas impossible que cela soit la grippe, j’ai été vaccinée en janvier. 

C’est par un texto que je suis informée le lendemain de mes résultats : ils se révèlent négatifs. Surprenant, me dis-je ! Je n’ai donc pas été contaminée par le coronavirus. Un sentiment de soulagement et de regret me submerge alors. “Cela arrive souvent chez mes patients”, confirme le docteur Philippe Hamida-Pisal, “en général, beaucoup sont persuadés d’avoir été exposés et donc d’avoir déclenché la production d’anticorps. Quand ce n’est pas le cas, ils se sentent déçus”. Je partage cette déception, car si mes résultats avaient été positifs, j’aurais été soulagée de savoir que mon corps a pu combattre le virus sans véritablement présenter de symptômes. Par là-même de prouver que mon système immunitaire a tenu bon. “Mais des résultats négatifs ne veulent pas dire que vous n’avez pas été exposée”, me répond le docteur, “si on fait le parallèle avec la grippe, on peut imaginer six personnes dans une pièce dont une qui est malade. Les cinq autres ne réagiront pas de la même manière face au virus. Certaines vont être contaminées et d’autres pas”. 

Le médecin insiste donc sur le fait que nous ne sommes pas tous égaux face à la maladie. “On découvre tous les jours des nouveaux éléments sur ce coronavirus”, rappelle Philippe Hamida-Pisal. Le seul moyen de se protéger et de protéger les autres demeure de maintenir les gestes barrières en se lavant régulièrement les mains et porter un masque dans les lieux publics confinés. “Il faut aussi booster son système immunitaire, en prenant de la vitamine C, du zinc et des probiotiques”, conclut le Français.