Horizon France-UK, un collectif pour accompagner la communauté française après le Brexit

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Aline Doussin est avocate dans un des plus grands cabinets de Londres. Thierry Rodier, lui, est entrepreneur dans la finance. Ils ne se connaissaient pas il y a encore trois ans mais aujourd’hui ils ont décidé de co-fonder un collectif apolitique, Horizon France-UK. L’objectif étant d’aider la communauté française du Royaume-Uni à être informée en cette période pre-Brexit mais aussi de l’accompagner au moment de la mise en place des nouvelles réglementations. Dès septembre, grâce à leur réseau, ils organiseront ainsi des conférences mensuelles sur des thèmes aussi divers que l’immigration ou les droits de douanes afin que particuliers comme entrepreneurs puissent se préparer et faire face au mieux à la sortie du pays de l’Union européenne.

“Sortir du côté clivant et politique du Brexit”

Comme de nombreux Français, Aline Doussin, arrivée à Londres il y a dix ans, et Thierry Rodier, installé depuis 14 ans dans la capitale anglaise, y ont construit leur vie. Et comme de nombreux Français, ils estiment que le Brexit a eu et continue d’avoir un impact négatif à la fois sur le plan professionnel et personnel. Mais c’est justement à contre-courant de cet état d’esprit qui affecte légitimement la communauté française que les deux fondateurs du collectif Horizon France-UK ont souhaité aller. “La démarche qui nous anime aujourd’hui s’inscrit dans un esprit positif et tourné vers l’avenir, on voulait sortir du côté clivant et politique du Brexit qui a longtemps animé les débats”, expliquent-ils, “on avait envie de dire que malgré tout ce n’était pas la fin du monde et véhiculer un message autour de la coopération franco-britannique. Car qu’ils soient installés de longue date ou depuis peu au Royaume-Uni, nos compatriotes sont attachés à ce pays et aux liens qui l’unissent à la France”

Aline Doussin et Thierry Rodier ont créé ce collectif il y a deux mois, mais ont choisi de rester silencieux jusque-là. “Nous attendions d’avoir plus de visibilité sur les négociations pour lancer la structure”, justifient les deux Français, soulignant que leur démarche se veut complètement apolitique. “Elle ne se fonde que sur la solidarité et la coopération entre les Français”, précisent les fondateurs d’Horizon France-UK, dont l’objectif est donc d’aider la communauté française à traverser la période pre et post-Brexit. Grâce à leurs réseaux professionnels respectifs, Aline Doussin et Thierry Rodier ont ainsi prévu d’organiser dès la mi-septembre, et ce une fois par mois, des conférences sur un thème particulier. “On attend la rentrée pour en savoir un peu plus sur les négociations en cours”, exposent les deux Français, “nous proposerons d’abord un format visio, puis selon l’évolution du contexte de la pandémie, les rendez-vous pourraient prendre une forme hybride, avec une partie du public en présentiel”. La première conférence se tiendra fin septembre, probablement sur la question des visas et des nouvelles règles migratoires, ajoutent-ils. 

Des conférences gratuites et pour tout le monde

Droit de séjour et immigration, santé, mode de calcul des retraites, conditions d’emploi, étudiants (avec notamment le devenir du programme Erasmus), accès aux fonds pour la recherche, droits de douanes, accès au marché commun et passeport européen pour les entreprises de la finance… Aline Doussin et Thierry Rodier veulent aborder tous les sujets qui préoccupe la communauté française. “On s’intéresse à tout le monde, pas seulement au secteur de la finance”, tiennent-ils à préciser. Les conférences seront entièrement gratuites. Des experts, issus de leurs réseaux respectifs, répondront ainsi aux multiples questions que les Français du Royaume-Uni pourraient se poser. “Ce que nous souhaitons c’est mettre à leur disposition des informations concrètes”, assurent-ils, “à l’issue des conférences, le public pourra également prendre contact avec les intervenants et échanger avec eux. Nous les orienterons aussi vers les associations compétentes pour les aider dans leurs démarches”.

Les deux fondateurs comptent par ailleurs sur ces rendez-vous pour faire remonter ensuite toutes les problématiques auprès des autorités britanniques, françaises et européennes. “On voudrait également organiser, soutenir et/ou donner de la visibilité à des actions qui répondent aux objectifs et valeurs de notre collectif”, ajoutent-ils. Un site internet, présenté davantage sous un format “foire aux questions”, devrait aussi voir le jour dans les prochaines semaines ou mois.