Elle illustre avec humour les expressions françaises et anglaises

audrey langevin, dédexpressions
Audrey reprend les dictons "au pied de la lettre" avec sa tablette graphique. Crédit photo : Audrey Langevin

Infos pratiques

En plus de son blog, Audrey Langevin dispose aussi d'un compte Instagram et d'un compte Facebook sur lesquels elle poste régulièrement de nouvelles "Dédexpressions". Elle invite souvent son public, tant francophone qu'anglophone, à tenter de deviner l'expression qui se cache derrière l'image.

“Quand les poules auront des dents”, “when pigs fly”… Mises en forme, en dessin. Française basée à Londres, Audrey Langevin reprend, sur son temps libre, des expressions françaises et anglaises pour les illustrer, avec beaucoup d’humour, sur son blog Les Dédexpressions (le nom vient du diminutif du prénom de la jeune femme : Dédée” pour “Audrey”). Des cochons avec des ailes pour l’expression “when pigs fly”, un mignon petit biscuit en train de verser des larmes pour “pleurer comme une madeleine”… Le but d’Audrey, 29 ans, est surtout d’amuser son public et de lui faire découvrir ou redécouvrir des expressions.

Titulaire d’un master en communication et management de projet, la Française, qui travaille pour un média axé sur les start-ups, n’a pas particulièrement suivi de cursus artistique. Mais le dessin a toujours fait partie de sa vie. “J’ai toujours dessiné, parfois s’en m’en rendre compte. En cours, je pouvais griffonner sur ma copie, mes cahiers, sourit-elle. Dans ma famille, il y a beaucoup d’artistes côté peinture. En revanche, les ‘cartoons’, c’est surtout mon père qui en faisait, de façon non professionnelle, lorsqu’il était plus jeune.”

“Je cherchais à faire rire, à faire sourire les Internautes”

dédexpressions
Crédit photo : Dédexpressions

L’idée de créer un blog autour des expressions françaises, uniquement, dans un premier temps lui vient à l’été 2014. La jeune femme, originaire de Normandie, se trouve alors à Los Angeles où elle a fait une partie de ses études. “Je m’étais achetée une tablette graphique et cherchais à créer quelque chose dans le dessin. Un blog en tant qu’expat’ à Los Angeles ? Il y en avait déjà beaucoup qui le faisaient. Et pourquoi pas quelque chose autour des expressions françaises ? On a quand même une grande richesse au niveau des expressions, à tel point qu’on se demande parfois d’où elles viennent. Je cherchais à faire rire, à faire sourire les Internautes.” La jeune femme se met alors à illustrer, au pied de la lettre, les expressions les plus populaires de notre langue française.

Elle ne s’intéressera aux expressions anglaises que plus tard, en 2019. En cherchant à donner aux expressions hexagonales qu’elle dessine leurs équivalents dans la langue de Shakespeare. “Je souhaitais ajouter une variante aux Dédexpressions, enrichir le concept, sourit-elle. J’ai d’abord demandé à ma communauté si des expressions traduites et illustrées en anglais leur plairaient, ce qui fut le cas. J’ai alors testé l’expression ‘Pleuvoir comme vache qui pisse / It’s raining cats and dogs’. Comme ça a plu, j’ai continué.”

De vieilles expressions parfois remises au goût du jour

dédexpression
Crédit photo : Dédexpressions

Sur son blog, l’aspect traduction s’est renforcé. Des expressions aussi rigolotes et populaires que “la fin des haricots” ou “la goutte d’eau qui fait déborder le vase” sont d’abord traduites graphiquement en images avec humour (et accompagnées d’un texte sur leur origine et signification). Leur sens littéral est ensuite donné en anglais. “La goutte d’eau qui fait déborder le vase” devient l’absurde (et amusante) “the drop of water that overflows the vase”. Puis le véritable équivalent en anglais est indiqué dans ce cas, la très imagée “straw that breaks the camel’s back” – et est, de plus en plus souvent, illustré.

Audrey Langevin passe donc pas mal de temps sur des sites comme Expressio.fr (l’onglet “traduction” permet d’avoir quelques équivalents anglais) ou sur le Collins Dictionary. Ou encore sur des forums pour savoir comment se traduit telle ou telle expression. “Tout le monde n’est pas toujours d’accord sur la ‘traduction'”, précise la jeune femme qui explique aussi choisir des dictons en fonction de leur potentiel graphique et de son inspiration. “Du coup, cela implique parfois que j’illustre une ‘vieille’ expression qui n’est pas fréquemment employée ou seulement dans certains milieux…”  

Pour ce qui est des phrases en anglais, la Française indique généralement opter pour de l’anglais britannique. “Mais cela m’arrive aussi de proposer des expressions en anglais américain”, sourit-elle. Parfois, aussi, l’origine de l’expression anglophone n’est pas clairement définie.

Développer la partie anglophone

dédexpression
Crédit photo : Dédexpressions

Rigolote, originale et éducative, son initiative séduit des publics relativement variés. Bien sûr, de nombreuses personnes francophones, pour la plupart, ainsi que de plus en plus d’anglophones qui s’amusent de l’illustration des expressions. Mais aussi des enseignants qui souhaitent partager la chose à leurs élèves (en particulier les expressions françaises) ou encore des personnes tout simplement désireuses de connaître des expressions dans une autre langue.

Pour l’heure, 80% des formules illustrées par la jeune femme sont encore uniquement en français. Mais Audrey Langevin souhaite développer la partie anglophone. “J’ai au moins une trentaine d’expressions anglaises illustrées à mettre à jour sur mon blog.” Bien sûr, le temps lui manque un peu. Car la Française mène pour l’instant cette activité à titre bénévole (l’idée de parvenir, un jour, à vivre du dessin lui plaît néanmoins beaucoup et elle propose aussi de réaliser des portraits en style “cartoon” à des particuliers), à côté de son travail, à temps plein, pour un site d’information spécialisé.

Elle s’attelle par ailleurs à un autre gros projet, l’élaboration d’un livre illustré qui devrait se concrétiser l’an prochain autour, là encore, des expressions françaises et de leurs équivalents en anglais. “Il s’agira d’un condensé plus poussé, plus éducatif, dans les deux langues, pour que les francophones et anglophones puissent en profiter.”

Infos pratiques

En plus de son blog, Audrey Langevin dispose aussi d'un compte Instagram et d'un compte Facebook sur lesquels elle poste régulièrement de nouvelles "Dédexpressions". Elle invite souvent son public, tant francophone qu'anglophone, à tenter de deviner l'expression qui se cache derrière l'image.