Brexit : ce qui attend les Européens venant étudier au Royaume-Uni

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De nombreux changements à l'horizon 2021. Crédit photo : Pixabay

Plus que quelques semaines avant la fin de la période de transition et que le Brexit ne commence véritablement à se matérialiser. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne va avoir des conséquences dans de nombreux domaines, comme les études universitaires. Petit récapitulatif de ce qui attend les étudiants du continent prévoyant de venir outre-Manche suivant les cas de figure.

Les étudiants ayant commencé leurs cours sur l’année académique 2020-2021 et résidant au Royaume-Uni avant le 1er janvier 2021

– ils peuvent bénéficier des même tarifs que les étudiants locaux pour les frais universitaires (valable aussi bien en Angleterre que dans les autres nations du Royaume-Uni – Ecosse, Pays de Galles, Irlande du Nord – où les frais peuvent varier) et peuvent aussi avoir accès aux prêts gouvernementaux (‘student loans’) fortement plébiscités dans le pays
– ils peuvent s’enregistrer à l’EU Settlement Scheme (à condition qu’ils le fassent avant le 30 juin 2021) et pourront donc rester, par la suite, au Royaume-Uni (*)

Les étudiants commençant leurs cours en 2020-2021 mais qui seront arrivés après le 31 décembre 2020

– ils peuvent bénéficier des même tarifs que les étudiants britanniques pour ce qui est des frais universitaires et aussi avoir accès aux prêts gouvernementaux
– ils doivent en revanche, si leur séjour est supérieur à 6 mois, obtenir un visa étudiant – qui leur permet donc de séjourner dans le pays pendant la durée de leurs études  – lequel repose naturellement sur l’acceptation des étudiants dans une filière universitaire, leur niveau d’anglais ainsi que leur capacité à financer leurs cours et leur séjour
– ils pourront postuler à un autre type de visa, normalement mis en place à l’été 2021, qui leur permettra, une fois diplômés d’une université britannique, de rester travailler ou de chercher du travail au Royaume-Uni pendant deux ans (trois s’ils ont un doctorat).

Les étudiants commençant leur cours sur l’année académique 2021-2022 et qui seront arrivés après le 31 décembre 2020

– ils devront s’aligner sur les frais d’université actuellement payés par les étudiants internationaux venus de pays se trouvant hors Union européenne, lesquels peuvent être particulièrement élevés (à la rentrée 2020, il fallait ainsi compter pour faire une licence au moins £13.000, voire £14.000 livres, par an; dans d’autres cas de figure, le chiffre peut augmenter : £18.700, par exemple, en licence de philosophie à l’Université de Lancaster, en Angleterre)
– ils doivent obtenir un visa étudiant
– ils devraient avoir la possibilité, une fois diplômés, de rester deux ou trois ans au Royaume-Uni pour travailler ou chercher du travail.

Quid des échanges Erasmus ?

Créé dans le cadre de l’Union européenne en 1987, Erasmus – Erasmus + maintenant – est un programme de mobilité internationale permettant notamment aux jeunes d’aller étudier quelques mois à un an dans d’autres pays participants.

En sortant de l’UE, le Royaume-Uni pourrait également se retirer de ce système d’échanges. Il est néanmoins prévu que tous les projets couverts par des fonds rattachés au budget 2014-2020 du programme aillent à leur terme, y compris, donc, ceux dont le financement s’étendrait au-delà de 2020 et ceux qui, bien évidemment, concernent le Royaume-Uni, le pays continuant à faire partie de l’Union jusqu’à la fin de cette année.

Pour ce qui est d’une éventuelle participation, à l’avenir, du Royaume-Uni au programme Erasmus + (le pays pourrait, s’il le souhaitait, continuer à en faire partie au même titre que d’autres Etats hors UE, comme la Turquie ou la Serbie), elle n’est pour l’heure encore pas évidente. En février 2020, un porte-parole du département de l’Education britannique déclarait que le gouvernement Johnson restait “ouvert à l’idée de prendre part à certains éléments du prochain programme Erasmus +, à condition que ce soit dans l’intérêt du Royaume-Uni de le faire.” Et de préciser que plusieurs options étaient étudiées, y compris la possibilité de mettre en place une alternative “locale”, propre au Royaume-Uni.

Le pays était très apprécié des étudiants de l’Hexagone. En 2015-2016, il constituait la première destination des jeunes inscrits à la mobilité Erasmus + en France :  18,9% d’entre eux s’y sont rendus cette année-là (beaucoup pour des stages), contre 17,7% pour l’Espagne et 11,6% pour l’Allemagne.

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(*) de manière générale, les étudiants pouvant prétendre à l’EU Settlement Scheme peuvent rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent au Royaume-Uni (avec le “pre-settled” puis le “settled” statut) – indépendamment de la date à laquelle ils commencent leurs études – et bénéficier des mêmes tarifs universitaires que les étudiants britanniques