De banquière à pâtissière, il n’y a eu qu’un pas pour Stéphanie Quénan

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Parfois la vie ne tient qu’à une lettre. “From banker to baker”, voilà comment résume Stéphanie Quénan sa transition professionnelle. La jeune femme de 35 ans a changé de vie quand elle a quitté un beau poste dans la finance pour se mettre aux fourneaux et créer son entreprise, “Stef Le Chef”.

Pas étonnant que la marque française Sézane l’ait choisie pour l’ouverture de sa première boutique à Londres mercredi 5 septembre dernier. Il faut dire que Stéphanie Quénan, créatrice de l’entreprise Stef Le Chef, est une femme déterminée. Il y a à peine un an, celle qui a toujours travaillé dans la finance a fondé son entreprise de confection de madeleines. Quand elle a appris que l’enseigne ouvrirait à Westbourne Park, elle a envoyé un mail à l’équipe parisienne. “J’ai expliqué comment j’étais admiratrice du parcours de Morgane Sézalory, la fondatrice de Sézane, que j’étais une cliente depuis l’ouverture de la première boutique en France. J’ai aussi raconté comment j’avais créé mon entreprise, que j’avais envie de participer à cette ouverture à Londres en proposant la distribution de mes madeleines”.

Son mail finit par remonter à bonne personne et fin août, elle reçoit un message de la responsable de la boutique londonienne, qui lui demande si elle serait disponible pour la pré-ouverture le 4 septembre. “J’étais extrêmement heureuse de cette réponse, de la confiance que Sézane m’a accordée”.

D’abord une envie de cupcakes

En six mois d’existence, la petite entreprise de Stéphanie Quénan connaît déjà le succès. Car Sézane n’était pas le premier événement auquel la Française avait participé en tant que “traiteur”. Cartier, Blooms, pop-up chez le Coq Epicier… Plusieurs compagnies ont déjà fait appel à elle. Des particuliers aussi pour des baptêmes, des anniversaires. L’ancienne banquière n’aurait peut-être jamais imaginé que les choses aillent aussi bien et aussi vite, même si l’idée de pâtisser lui était déjà venue en tête il y a quelques années.

A la sortie de ses études d’école de commerce, elle se dirige naturellement vers une carrière dans la finance et les banques privées. “Je suis directement partie à Londres pour travailler comme analyste chez Merrill Lynch”. Mais au bout de trois ans, Stéphanie Quénan en a marre et reprend le train direction Paris, mais sans aucun poste. Lui vient alors une idée : monter son entreprise de création de cupcakes. Mais pourquoi les cupcakes ? “Parce que j’adorais ça quand j’étais à Londres, et à Paris la tendance n’était pas encore arrivée”. On est en 2009 et la Française prend le temps de tout mettre en place : design et démarchages de banques pour un prêt. Mais voilà que Crédit Suisse la contacte pour un poste. La jeune femme de 26 ans accepte. Elle n’y restera pas longtemps car une autre entreprise, JP Morgan, l’appelle pour la débaucher.

Sa vie étant faite de rebondissements, Stéphanie Quénan va encore changer ses plans. Car quelques mois plus tard, son petit-ami de l’époque (devenu depuis son mari), promu dans la capitale anglaise, lui propose de le suivre à Londres. Coup de chance : l’employeur de Stéphanie Quénan accepte de transférer son poste entre les deux villes pour qu’elle puisse suivre son ami.

stef le chef madeleinesTout quitter pour tout recommencer

Et voilà qu’elle reprend sa vie de banquière, mais elle n’est pas totalement heureuse. “Pour me détendre, je cuisinais le soir”, rit la trentenaire, “j’ai toujours aimé être entourée, recevoir à la maison. Pour moi, la cuisine est synonyme de partage et j’adore faire plaisir aux gens”. Dans la finance, raconte-t-elle, le solitude peut être pesante. “On a ses collègues bien sûr, mais on est tous derrière nos ordinateurs, c’est aussi un monde très masculin et j’avais envie de faire un truc plus girly”.

Elle qui a grandi entourée de trois frères, étudié dans une école avec une grande majorité de jeunes hommes, et au bout de 9 ans dans le monde de la finance, elle rêve de tout autre chose. “Un jour, mon mari me dit : “A force d’organiser ses soirées à la maison, tu devrais peut-être faire de la cuisine ton métier”. Et là, j’ai pris ma décision”.

Elle quitte donc son poste chez JP Morgan, même si elle confie que cela a été dur. “J’ai adoré travailler dans le monde de la finance, être avec mes collègue, mais je me suis dit que si je ne le faisais pas à 30 ans, je ne le ferais jamais. Ici, on est dans une ville tellement ouverte, tout le monde peut faire ce qu’il veut”. Grâce à ses économies, elle s’inscrit alors à l’école d’art culinaire français de Londres, Le Cordon Bleu. Elle y apprend à cuisiner et pâtisser, mais elle préfère largement la pâtisserie. “J’aimais bien cette idée d’allier la technique avec la physique-chimie, ce côté expérimental”.

Prochaine étape : la boutique

La formation a duré 9 mois, le temps d’accoucher de son diplôme de chef pâtissier. Parallèlement, elle n’a cessé de réfléchir à la mise en route de son nouveau projet de vie. “J’avais envie de trouver un produit qui amènerait un peu de France au Royaume-Uni”. La madeleine lui vient alors en tête. “C’est un produit simple, que j’aime faire en version sucrée et salée. J’aurais pu me lancer dans la confection de financiers, mais tout le monde m’attendait là et je voulais surprendre”. Le nom de son entreprise lui sonne comme une évidence : Stef Le Chef, c’est comme ça que son entourage avait déjà l’habitude de l’appeler.

Elle crée elle-même le packaging (avec l’aide d’une designer), son site internet, alimente son compte Instagram et Facebook. “Les réseaux sociaux sont ma vitrine”. Elle propose des recettes sucrées salées : vanille, orange, chocolat (noir, au lait et blanc), au basilic et mozzarella, chèvre et thym, olives vertes et pignons de pin. Elle réalise aussi des collections pour les grands événements rythmant l’année, comme Halloween, la Saint-Valentin… Ses madeleines peuvent être commandées en ligne avec un délai de livraison sous 48 heures.

Face au succès, Stef Le Chef reste malgré tout humble, dit-elle. “J’ai de la chance, mais je sais que rien n’est jamais acquis”. Mais cela ne l’empêche pas de rêver à plus grand. “J’aimerais beaucoup avoir ma propre boutique, j’ai vraiment lancé les choses il y a six mois, alors je ne veux pas me précipiter”.

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