Brexit : “Il faut continuer à faire du bruit” pour protéger les droits des citoyens européens

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Ils étaient une centaine, lundi 5 novembre, à avoir répondu à l’appel lancé par plusieurs organisations, dont The 3 Million, pour créer une chaîne humaine entre Parliament Square et 10 Downing Street, cabinet de la Première ministre britannique. Le but de cette action, baptisée The Last Mile, était de faire à nouveau pression auprès du gouvernement pour sauvegarder le droit des citoyens européens vivant au Royaume-Uni mais aussi des Britanniques vivant en Europe, après le Brexit.

Le drapeau européen flottait sur Parliament Square lundi 5 novembre. Des manifestants portaient des pancartes où étaient inscrits des messages tels que “Nous voulons garder tous nos droits”, “Ne me blâmez pas (pour le Brexit), je ne pouvais pas voter” ou encore “Nous ne sommes pas une monnaie d’échange”. La centaine de participants à l’action initiée par plusieurs associations de lutte pour la sauvegarde des droits des citoyens européens vivant au Royaume-Uni et ceux des Britanniques vivant dans l’Union européenne affichaient un seul objectif : se faire entendre par le gouvernement de Theresa May.

“On reste les otages des négociations”

“On est très inquiets”, a résumé Nicolas Hatton, co-fondateur de The 3 Million, “en cas de no-deal, nos droits nés du traité de Lisbonne seraient remis en cause, disparaîtront même pour être remplacés par des droits anglais”. Ce que demandent aujourd’hui les différentes organisations présentes lundi 5 novembre, c’est que l’accord conclu en mars 2018 sur la protection des droits des Européens soit respecté. “Mais Theresa May ne cesse de répéter que rien n’est conclu tant que tout n’est pas conclu, on reste donc les otages de ces négociations, on est simplement considéré comme une monnaie d’échange dans ces discussions”.

chaîne humaine Parlement Brexit The 3 MillionLe Français a tenté d’apporter une lettre à la Première ministre pour lui demander à nouveau la protection de ces droits. Malheureusement, il a seulement pu la déposer à l’entrée du cabinet du 10 Downing Street. Les manifestants ont ensuite rejoint Parliament Square, où plusieurs personnes ont pris la parole à tour de rôle. Chacun a pu raconter son histoire avec le Royaume-Uni, comme cette famille allemande dont les enfants sont nés sur le sol britannique et qui redoute l’avenir, ou encore un Italien, installé depuis plus de 20 ans et travaillant aujourd’hui pour le NHS, service de santé britannique…

L’après-midi, l’objectif était d’aller au Parlement pour “discuter avec des députés et leur dire que si un accord passe devant le Parlement il ne faudra pas oublier les citoyens européens vivant ici et les Britanniques qui vivent dans l’Union européenne”, a détaillé Nicolas Hatton. Car pour le co-fondateur de The 3 Million, tous les espoirs étaient encore permis. “Tout reste à faire. Une fois qu’on aura un accord, et je suis optimiste, il y a près de 4 millions de citoyens européens qui auront besoin de faire leurs démarches administratives et je ne serai pas satisfait tant que tous ces ressortissants n’auront pas obtenu leur settled status. Il y a de l’espoir, on est là pour agir et faire en sorte que qu’il y ait une issue positive. Cela fait deux ans qu’on est dans l’action et on arrive maintenant à un moment crucial, il faut donc continuer à faire du bruit”.

Avant de se quitter et pour terminer pour cette note d’optimisme, les manifestants ont tous entonné l’hymne à la joie de Beethoven, adopté depuis 1985 comme hymne européen.