Jérémie Fernandes, un Français au sein du parti national écossais

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Jérémie Fernandes et sa compagne Laura Mitchell, candidate SNP sur la circonscription de Moray lors des élections générales de décembre dernier.

Cela fait maintenant 5 ans que Jérémie Fernandes a choisi de vivre en Ecosse. Après une année à Aberdeen, il est désormais installé à Elgin. Arrivé en plein référendum sur l’indépendance du pays du reste du Royaume-Uni, l’ambiance l’a vite décidé à rejoindre le parti nationaliste écossais. Le bibliothécaire y a gravi les échelons et a été nommé en septembre dernier à des fonctions internes du SNP. Des premiers pas dans la politique, qui donnerait presque envie au Français d’être un jour candidat à une élection locale. 

Son engagement politique né en Ecosse

Membre du Conduct Committee, voilà le nouveau poste de Jérémie Fernandes, qui était déjà secrétaire régional et responsable du parti de la branche Upper Banffshire. Le Français a été choisi par ses pairs du SNP en septembre dernier pour intégrer ce comité de discipline, signe d’une grande confiance pour un néophyte de la chose publique. Si le jeune homme a toujours été intéressé par la politique, il n’avait en effet jamais sauté le pas de l’engagement quand il vivait en France. “Je n’avais jamais vraiment trouvé un parti qui me représentait”, explique celui qui se définit plutôt de gauche. “De toute façon, depuis l’élection d’Emmanuel Macron, tout a explosé”. 

Son engagement politique s’est donc fait une fois arrivé sur le sol écossais. C’est en plein référendum sur l’indépendance que Jérémie Fernandes pose ses valises dans le nord de la grande île. A l’époque, en tant que citoyen européen qui ne connaît pas les problématiques du Royaume-Uni, il n’est pas favorable à cette idée. “Mais après avoir vécu un an en Ecosse, j’ai pu me rendre compte des différences entre l’Ecosse et le reste du pays”, confie le bibliothécaire.

Son choix de rejoindre le SNP s’est fait de manière évidente, sa compagne – écossaise – faisant elle aussi partie du mouvement politique. Ce qui l’apprécie au sein de parti, c’est la place qui est laissé aux personnes non-écossaises. “J’ai rapidement pu m’investir, personne ne m’a freiné ou mes origines n’ont jamais été une barrière”, se réjouit encore Jérémie Fernandes. Responsable de la branche Upper Banffshire, il occupe donc maintenant des fonctions au sein national, qui lui ont été confiées lors du dernier congrès du SNP. “En Ecosse, on se sent déjà le bienvenu en tant que citoyen européen, et dans le parti encore plus”, certifie le Français. 

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Militant de l’indépendance

C’est d’ailleurs un peu pour rendre la pareille que le trentenaire a décidé de rejoindre les rangs du parti. “L’Écosse est plus détendue sur les questions migratoires, et on est tous conforté par le discours de la Première ministre”, raconte Jérémie Fernandes. Il est vrai que le pays a voté massivement pour rester dans l’Union européenne et depuis les résultats du référendum de juin 2016, Nicola Sturgeon a tenu de nombreux discours insistant sur le fait que les citoyens de l’UE demeuraient les bienvenus sur le sol écossais. Des dispositifs ont même été mis en place pour aider les ressortissants européens dans leurs démarches de demande de settled status. 

Aujourd’hui, le trentenaire est un militant de l’indépendance de l’Ecosse. “C’est le seul moyen pour le pays de pouvoir choisir sa politique”, justifie Jérémie Fernandes. En plus de ses nouvelles missions au sein du parti, il s’est beaucoup investi lors de la dernière campagne des élections générales du 12 décembre dernier. Il faut dire que sa compagne Laura Mitchell se présentait sur la circonscription de Moray. Manque de chance, il a manqué à la jeune femme 500 petites voix pour l’emporter. Mais le Français se réjouit des résultats du SNP, qui a raflé 48 sièges, et il est plus qu’optimiste pour l’avenir du pays. “Il y a beaucoup de jeunes, qui ont entre 20 et 25 ans et qui sont promus à des postes à responsabilités dans le parti. Ce sont des gens qui se battront pour des valeurs auxquelles ils croient”. Tout comme lui…