“Vivement le déconfinement, je ne supporte plus mes colocs”

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Colocataires fantômes ou trop présents, querelles sur le ménage ou le rangement… Si la colocation était déjà pour certain.e.s une épreuve, le confinement lié à l’épidémie de Covid-19 a accentué les tensions et fait naître de nouveaux conflits autour de la sécurité.

“Je suis inquiète pour ma santé”

Lola* partage une maison divisée sur trois étages avec huit colocataires dans le nord de Londres. “Entre ceux qui sont obligés d’aller travailler, et ceux qui ne respectent pas le confinement, ça rentre et ça sort comme dans un moulin”, explique la jeune femme de 39 ans. “Le 24 mars, après seulement deux jours de confinement, ma coloc brésilienne a ramené une amie qui a dormi pendant deux jours à la maison. Mon coloc italien sort lui aussi régulièrement et ne se lave jamais les mains en rentrant. J’en suis à un point où je ne rentre dans la cuisine qu’avec mon produit désinfectant, en nettoyant les poignées de porte. Ça devient une épreuve de manger”. Inquiète pour sa santé, Lola a également déménagé chez une amie dont le logement est vacant pour quelques jours.

Stéphane*, qui vit également à Londres, se trouve dans la situation inverse. Infirmier à son compte, le Français de 32 ans continue à travailler de nuit à l’extérieur. Des déplacements qui suscitent l’incompréhension de sa colocataire. “Etant donné que c’est ma boîte, elle pense que je pourrais faire autrement, et imagine que je sors pour le plaisir. Mais si je restais à la maison, je n’aurais plus de salaire”. Sa colocataire a décidé de lui rendre coup pour coup. “Elle a décidé d’en faire autant, de sortir et d’inviter des gens à la maison. Elle ramène surtout des mecs. C’est le défilé…”, lâche-t-il.

Communiquer, la clé de la solution

Pour Bérénice Boursier-Baudoin, psychologue spécialiste des problèmes liés à l’expatriation, “ce problème de vengeance et d’enfantillage peut avoir des conséquences importantes sur la santé de chacun des deux colocataires“. La psychologue parle d’une attitude “grave” et invite Stéphane à crever l’abcès dès que possible avec sa colocataire. Dans le cas de Lola, qui vit avec huit personnes, “il faut faire une réunion ensemble et mettre en place de nouvelles règles de vie « spécial confinement » sur un tableau et le faire respecter par tous”, estime la spécialiste.

Pour la Française, la clé reste donc la communication. “C’est à vrai dire toujours le même problème, un manque de communication ou une mauvaise communication, et la peur d’être mal perçu”, confirme Bérénice Boursier-Baudoin. “Mais nous vivons une situation particulière avec le même ennemi invisible : le Covid-19. Si certains ont du mal à réaliser qu’ils peuvent l’attraper -car ça n’arrive qu’aux autres- nous sommes tous dans la même galère, et il y a des règles d’hygiène et sécurité qui ont été mises en place, que nous devons tous appliquées et faire respectées”. 

Il est également possible de prendre soi-même quelques précautions, comme s’isoler dans sa chambre et veiller à la propreté des espaces communs.

*Les prénoms ont été changés pour préserver l’anonymat de la personne.