Vivre en colocation à Londres, ce n’est pas toujours simple

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La cherté de l'immobilier poussent de nombreuses personnes à partager un logement. Crédit photo : Julia Gaulon

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D’après une étude de SpareRoom, menée sur 4.000 personnes en colocation à Londres :

- 60 % de ceux qui partagent leur logement sont des femmes
- les 25-29 ans représentent 31% des colocs, contre 22 % pour les 20-24 ans et 19 % pour les 30-34 ans, 10 % ont entre 40 et 49 ans
- 50% n'ont pas la nationalité britannique

Avec des loyers médians allant de £750 à plus de £975 le studio, dans le centre (zones 1,2,3), et des appartements à 1 chambre compris entre £950 et £1.300 le mois, la capitale britannique est particulièrement chère en matière de logement. Pas étonnant que beaucoup optent pour la colocation. Seulement vivre à plusieurs et avec des inconnus n’est pas toujours évident. Récits de galères, parfois importantes, et conseils de Français ayant expérimenté la colocation à Londres.

Je l’ai déjà vu simplement rincer ses cuillères, sans liquide vaisselle, ni rien. Du coup, j’ai pris l’habitude de toujours relaver les assiettes avant de les utiliser.” Marine (*) occupe actuellement une maison à Londres avec six autres personnes et est encore bien remontée contre un ancien colocataire, qu’elle ne jugeait pas particulièrement propre. “J’ai rapporté assez vite mes couverts pour éviter de devoir partager.”

Attention, colocataire collant

Hygiène, bruit, comportement… Les sujets de discorde lorsqu’on vit en collectivité avec des gens que l’on ne connaît pas sont parfois nombreux. Notamment dans la capitale britannique où ce mode de vie est très répandu. Certaines personnes ne sont, enfin, tout simplement pas respectueuses des individus qui les entourent. Comme en témoigne Geoffrey (*), qui s’est retrouvé face à une flaque de vomi dans sa salle de bain. “C’est resté pendant trois, quatre jours, on n’ a jamais su qui c’était. Finalement, un des autres colocs a pris sur lui et a nettoyé.”

Laurène Rey-Millet a elle dû faire face au comportement envahissant d’une personne qui partageait son domicile. L’homme avait tendance à la suivre un peu partout dans la maison pour lui faire la causette. “Chaque fois que je rentrais du travail, il descendait les escaliers en courant pour venir jusqu’à ma porte”, soupire la jeune femme. Une attitude fatigante à la longue. D’autant que le colocataire en question avait aussi la fâcheuse manie de mettre la musique à fond le soir et d’ouvrir la fenêtre.

De son côté, Hélène Launé se remémore bien ces nuits où l’une de ses colocataires revenait, complètement ivre, réveillant tout l’appartement. “Je me suis même retrouvée une fois à l’emmener à l’hôpital parce qu’elle s’était blessée à la tête.” Une situation bien évidemment compliquée à gérer pour la Française qui devait assurer, en journée, un travail à temps plein.

Rechercher une compatibilité

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Jobs, styles de vie… Ne pas hésiter à questionner vos futurs colocs sur tous ces éléments. Crédit photo : Julia Gaulon

Pour Hélène Launé, la question des compatibilités des modes de vie est donc essentielle lorsque l’on s’apprête à vivre en colocation, surtout que le contexte de l’épidémie de coronavirus peut compliquer les choses. Outre le fait de toujours bien visiter le logement convoité, elle conseille donc d’essayer de rencontrer ses futurs colocs en amont. “Quand on a de grosses amplitudes horaires, je pense que c’est important de voir si les gens avec vous travaillent aussi ou alors s’il s’agit de personnes qui sont là en stage et qui sont là pour profiter. Ce n’est pas le même investissement.” Et s’il n’est pas possible de discuter avec les colocataires, se renseigner, bien sûr, le plus possible auprès du propriétaire.

Un autre conseil est peut-être aussi de s’assurer qu’on est seul sur le bail (ce qui est fréquent). Car en cas de joint tenancy”, vous pourriez, par exemple, être responsable du loyer de votre coloc s’il venait à partir avant qu’un remplaçant n’ait été trouvé. Un élément à prendre en considération, “en particulier si vous emménagez avec des personnes que vous ne connaissez pas bien”, explique-t-on chez le site de colocation SpareRoom.

Concernant la vie à plusieurs, établir des règles communes peut aussi contribuer, si ces règles sont suivies, à limiter les conflits. L’University College London conseille à ses étudiants de s’accorder sur ce qu’ils acceptent de partager avec leurs colocs, sur la place laissée aux partenaires amoureux s’ils sont très présents dans le logement (pour les “bills”), sur les rotations pour le ménage…

Toujours privilégier le dialogue

Et si, malgré tout, les ennuis surviennent, le mieux est naturellement d’en parler. “Dans l’idéal, il faut tenter le dialogue avec le colocataire concerné, indique Marine. Et puis, oui, si ce n’est pas possible, alerter le proprio… “ Si les choses dégénèrent, un locataire peut toujours faire appel au propriétaire pour qu’il demande au coloc problématique de partir. Mais pour que ce dernier puisse le faire, il faut vraiment de bonnes raisons : dommages matériels, manquements au contrat de location, être source de nuisance… Un processus délicat qu’il vaut quand même mieux s’efforcer d’éviter, quand on peut.

Enfin, rien n’empêche de trouver un autre logement. Car Londres a bien sûr l’avantage d’être une très grande ville, où il y a donc pas mal de choix. “Je sais toujours que je vais trouver quelque chose, sourit Laurène Rey-Millet. Il y a des milliers de trucs.” Sans compter que, plus flexible, le marché londonien du logement peut sembler plus simple, sur certains aspects, que dans des villes comme Paris (malgré les prix).

De quoi, peut-être, déstresser un peu ? Et faire ses expériences, en affinant petit à petit. Car, oui, la colocation, en particulier à Londres, a aussi son lot de belles expériences, de chouettes moments partagés avec des gens d’horizons très différents.

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(*) la personne n’a pas souhaité préciser son nom de famille

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D’après une étude de SpareRoom, menée sur 4.000 personnes en colocation à Londres :

- 60 % de ceux qui partagent leur logement sont des femmes
- les 25-29 ans représentent 31% des colocs, contre 22 % pour les 20-24 ans et 19 % pour les 30-34 ans, 10 % ont entre 40 et 49 ans
- 50% n'ont pas la nationalité britannique