L’humoriste Redouane Bougheraba importe le meilleur du stand-up français à Londres

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Crédit : Paname Café

Lundi 24 juin, Fary sera sur la scène du Bush Hall de Londres pour présenter son dernier spectacle Hexagone. Cette venue, c’est Redouane Bougheraba qui l’a orchestrée. Ce Français installé à Londres depuis près de 7 ans est lui-même humoriste, mais depuis peu, il est également devenu producteur de spectacles avec un objectif : importer le meilleur du stand-up français dans la capitale anglaise.

“Même si les artistes américains ou britanniques peuvent nous faire rire, c’est quand même plus simple de le faire dans sa langue maternelle, on a les mêmes références et les leviers d’émotion sont ainsi plus faciles à activer”, lance en toute logique Redouane Bougheraba. Le Français a bien compris qu’il y avait une vraie demande de la part de la communauté française et francophone de Londres de voir des artistes qui s’expriment dans la même langue. Il parle même en connaissance de cause, puisque le Français est installé depuis près de 7 ans dans la capitale anglaise et malgré son bilinguisme, il confesse apprécier pouvoir assister à des spectacles en français.

Marseillais d’origine, Redouane Bougheraba s’est fait connaître dans le désormais mythique “Jamel Comedy Club”. Dans sa famille, il n’est pas le seul à avoir choisi la voie artistique puisque deux de ses frères évoluent aussi dans le monde du spectacle, l’un en tant que metteur en scène, l’autre en tant que Youtubeur. Mais avant de connaître le succès et la scène, Redouane Bougheraba a eu d’autres vies. En effet, après une fac en sciences économiques, le jeune homme de l’époque décide de tout plaquer pour vivre à Londres afin d’y apprendre la langue.

Là, il enchaîne les petits boulots. Cette expérience lui sera enrichissante et il en gardera de très bons souvenirs et histoires cocasses, au point de s’inspirer de ce qu’il y a vécu et vu pour agrémenter les spectacles qu’il joue aujourd’hui. Après cette parenthèse linguistique, le Français rentrera à Marseille et prendra la charge d’un cybercafé. Puis direction, New York, où il retrouve certains de ses amis déjà installés de l’autre côté de l’Atlantique. A l’époque, Redouane Bougheraba se sent déjà attiré par le monde du stand-up et lors de son séjour dans la capitale économique américaine, il a une révélation : il veut en être.

Il a déjà fait venir du beau monde

A son retour à Paris, il commencera à se produire au Paname Art Café, puis il enchaînera les scènes avant de rejoindre le “Jamel Comedy Club”. Parallèlement, il décide de venir vivre définitivement, avec sa femme et sa fille (il est à nouveau papa depuis quelques mois, ndlr), à Londres dès septembre 2012. “J’aime cette ville, son côté cosmopolite, il y a un vrai mélange de cultures”, explique Redouane Bougheraba, “et puis, je peux rentrer à Paris ou Marseille en quelques heures avec le train”. Des allers-retours, il en fait, puisqu’il joue son spectacle en France et continue à jouer au cinéma.

Mais depuis plus d’un an, le Français a ajouté une corde à son arc : producteur de spectacles. “Ma femme est propriétaire d’un club à Londres (Ma Dame London à Royal Oak, ndlr), donc on avait déjà la scène pour accueillir les artistes. La salle est idéale car elle a ce côté intimiste, ce qui est parfait quand on fait du stand-up”, lance Redouane Bougheraba. Grâce à ses contacts, il propose à plusieurs humoristes de venir se produire dans la capitale anglaise. “La plupart sont mes amis, sinon je fonctionne aussi au bouche-à-oreille”, précise-t-il.

Fadily Camara et Roman Frayssinet ont assuré pour la première édition, depuis 7 autres dates ont eu lieu, avec des artistes comme Fary, Yacine Belhousse, Nawell Madani ou encore Camille Lellouche. Les éditions se déroulent toujours sur une journée et le dimanche. Et ça marche, puisque les dates sont toujours complètes et “les humoristes me disent à chaque fois qu’ils ont passé un très bon moment”.

Pour le 24 juin, Redouane Bougheraba voit encore plus grand puisque le spectacle de Fary aura lieu dans une nouvelle salle, celle du Bush Hall, dans l’ouest de Londres. Un premier test, qui, en cas de succès, pourrait donner lieu à d’autres productions de cette envergure.